2007 ou l'Écriture en bandoulière

 

quelques vers extraits de l'année 2007




Attention quelqu’un tire


Je ne vous écris pas, vous êtes terre à terre
Enfermés en vos lieux aggravés de mystère
Ébahis, florissants de jours malencontreux
Où la vie va ses lois… soi pour vous, soi contre Eux,

Eux qu’on « retrouve au soir désarmés incertains* »
Ces Êtres d’autrefois habillant mes matins
De leurs plaies évoquées en luttes ouvrières
Et quelque soit demain, je me souviens d’hier !

Vous n’étiez en ces jours, comme aujourd’hui d’ailleurs,
Que des gestes éteints par leur propre frayeur,
Vous avez méconnu les larmes aux grenades…
Vous ignorez les lieux dont les hommes s’évadent

Lorsqu’il faut résister, combattre et s’investir
Contre les oppressions… Attention quelqu’un tire
Là, de cette fenêtre où la vie dévêtue
Ne sait celui qui meurt… Ne sait celui qui tue !

Vous divaguez partout où la laideur n’est pas,
Partout, en ce vieux monde, où l’on peut faire un pas
Presque ressuscité de vos souhaits posthumes
Mais la mort s’en viendra sur vos propres bitumes !

Ne vous y trompez pas les plaies mornes, le deuil
Connaissent, par ici, de chacun, chaque seuil
Où je n’écrirai plus quand fleuriront les bombes
Sur nos propres maisons… Allez, creusons nos tombes !




Le 18 09 2007

*De : Il n’y a pas d’amour heureux. Louis Aragon


 

Aveuglément !


Aveuglément forcé d’éteindre la lumière
Où le jour s’éconduit, quelquefois, pauvrement,
Inutile, endeuillé, inconnu comme on ment
A soi-même défait d’un vieux rêve éphémère ;

Elagué, décousu, piteux ou magistral
Evoquant le demain tel une ombre imparfaite
En sa plainte éperdue vers tout ce que vous faites
Comme s’en va la vie à grands coups de mistral ;

Je me regarde et crois que vous n’exister guère
A l’homme demeuré aux abysses du temps
Vous qui - même meurtris – confondez, par instant,
Ce que saurait la paix là où sévit la guerre !

Vous, dont je ne sens plus le regard sur les hommes,
Qui demeurez secret lorsqu’il faudrait crier ;
Votre verve, à mon cœur, n’aura jamais prié
Telle – de Vous à moi – partout ce que nous sommes !

Le monde s’ébahit, se confine en vos riens
Et mon propre regard, de Vous, s’éteint encor ;
J’avais mal à la vie et maintenant mon corps,
Sur vos propres trottoirs, s’investit en vaurien !

Aveuglément la pluie perle aux yeux des souffrances !
Vous regardez le monde et fuyez ses chemins ;
Il n’est plus, en vos cœurs, la douceur d’une main
Et chacun d’entre Vous sème - partout - l’errance !


Le 17 Mai 2007

 

Banlieue boogie.
(2)

J’me détruis à feu doux
Ça sent le réchauffé
Dans ma banlieue grisâtre
Le ciel est incolore !

Regarde là… La vie s’allume et s’improvise
Aux cœurs inhabités que plus rien ne divise
Et l’immense du rêve étoilé des parfums…
Regarde là ! La vie, n’a pas vraiment pas de fin !

Toi, tu causes, tu parles
Comme un vieil abrutit !
De mon pays tout noir
J’ai regardé la mort !

Sous le ciel étoilé sont des gestes d’amour,
Des secrets interdits, mots que l’on cueille au jour
Et, si la nuit les tait, ils bruissent au matin
De tout inattendu en ce monde incertain !

J’me suis mis des silences !
Sur les plaies des trottoirs
Y a des mômes grisés
De produits dégueulasses !

Je sais le soir tombant sur l’homme rejeté,
L’endroit qui, comme à Toi, ne serait plus blessure
Et, crois moi, l’on ira chercher la liberté
Où les hommes noyés (1)   sont ceux qui nous rassurent !

Tu parles comme un livre,
T’es qu’un rien acrobate…
Une arme pour la vie
Mes frères s’y confondent !

Je ne suis, Tu le sais, qu’une vieille grisaille,
Un homme inattendu, une plaie aux entrailles
Des rejets négociés aux parlementassions…
Je serai près de Toi pour la révolution !

Eh j’rigoll’, tu m’exploses,
Rentre dans ton parloir !
Connais-tu le rejet
Sa façon de tout taire ?

Tu vois, je suis blessé, privé de vivre un peu,
Mais ce n’est, ici bas, qu’un bien moindre problème…
Aide-moi si la vie nous éteint, peu à peu,
Toi qui, pour toute mort, n’a que ce mot : Je T’aime !



Le 20 08 2007

1 référence à la rue de Charonne

2 référence à :

Jacques Higelin Banlieue Boogie Blues

 

C’est à peine si j’ose.


Et puis le saxe à mort crache un solo d’enfer !
Je me retiens au vent de l’illégalité.
La boite pue l’alcool. Un vieux con éventé
Me crache son pognon sous le nez ! Faut s’y faire !

Quand je savais la mort, j’aurai du la garder !
Une fille aux gros seins pleurniche sur son sort.
Je me retiens au vent d’un impossible essor,
Et puis la guitare offre un écho attardé !

Dans la brûlure étrange, aux couleurs mensongères
Des spots élaborés je me souviens d’ailleurs :
Un vieux créneau de vie bourgeonnant de frayeur
Dont j’ai sculpté – en moi – l’étreinte passagère !

Le demi-clos de tout n’est qu’improbable rêve !
Et le saxe reprend sa gueulante d’acier ;
Le vieux con, dans son coin, est totalement scier
Par l’alcool et le bruit. Je m’en fous bien qu’il crève !

Dans les chiottes dorées, pas une éclaboussure
Et pas le moindre sang d’une aiguille perdue !
On snif ! Et le trait blanc est corde de pendu
A la gueule du monde où plus rien n’est censure !

J’entends le cri surfait de l’aube en overdose
Et les poubelles crient aux camions détritus .
Le saxo s’est éteint ! C’est fou ce que l’on tue !
Le matin dit la vie… C’est à peine si j’ose !


 

 

Douceur.


Douceur, douceur, j’aime ton âme
Et les parfums que tu dessines
A ces choses qui me fascinent,
Au vent qui attise la flamme

Où tu parais tendre lumière
Exquise pluie de mes demains ;
Douceur, douceur, Oh prend ma main
Et mène moi vers l’éphémère !

La vie s’estompe. Il pleut des sors
Sur les rives des pauvretés,
Emmène-moi en liberté
Vers d’autres lieux, d’autres essors !

Douceur, douceur imaginée
Galvaude les temps de ce monde
Injuste et cette plaie immonde
Au cœur de l’homme dominé !

Dissipe tous les pauvres lieux
Où chacun cherche encor sa place,
Écrit la vie et l’ombre efface
Douceur, douceur qui vient de Dieu !

J’enroule mon cœur à ton cou,
Ma pluie, mon rêve, mon destin,
Douceur qui renaît au matin
Après la nuit, après les coups !



le 6 12 2007

 

 

Eh les mots !


Eh les mots, eh les mots je m’inverse à vos sens,
Vos pleins et vos déliés outre passe mes songes
Dont on pense :
 « Il se ronge ! »

Eh les mots j’ai écrit et le mal et le bien,
La rive des soupirs et le rire blasphème
A mon poignet vos liens
Que j’aime !

Vivre ou bien galvauder, à pas de loup, ses peurs
Eh les mots je ne sais le geste où je m’égare
En vos leurres
Moi… Hagard !

L’insomnie prélassée sur des feuilles d’automne
Ebahie les questions de l’Être qui implore
Monotone
Son sors !

Eh les mots je vaux bien une rime, un « mais oui… »
Même un « qu’en dira t on, une question d’ailleurs »
Pas l’oubli
Sa frayeur ?

Vous restez silencieux comme, aujourd’hui, est l’Homme
Eh les mots, sur ma vie, j’ai gravé votre histoire
Où gomme
A l’écritoire

Le reflet du soleil ébroué d’oiseaux roux,
Eh les mots j’ai perdu, je le sais, tout est feint,
Peu ou prou
C’est la fin !



le 7 09 2007

 

Épuisé de vos grands délires !

 

Je n’ai pas lieu d’être personne ,
Ni celui-ci, celui-là
Mais vous avez flingué mon « La »
De vos piètres mots en cela
Que la musique plus ne sonne !

J’irai cracher sur d’autres tombes,
N’en déplaise aux jeteurs de sors
Autant que j’aime à jouer Sor,
 « Cinquième Étude » et je m’en sorts…
Vous rimez avec : Hécatombe !

L’incontreverse de vos lieux
Veille à vos propres contre jour ;
Vous écrivez « jamais » « toujours » !
Il me souvient de vos injours,
Cette pluie qui meurtrit les yeux,

Et qui tue l’âme et l’Être humain,
Qui s’asservit à vos « vouloirs »
Comme le dessin de vos gloires
Et ces songes en vos couloirs
Dont se mutile toute main !

Il n’est plus question de vous lire
Et même pas de vous connaître
Où s’entrouvre votre fenêtre
A l’ici gît d’un vieux « peut-être »
Épuisé de vos grands délires !

Il vous suffit d’être personne
Autant que mon ombre blasphème
Sur les échos des « moi, je t’aime ! »
A cet endroit où le poème
Éteint le lieu où je frissonne !



Et la lumière du ciel de nuit.



Lèvres brûlantes
Mots d’irraison
Parfum d’extase
Et la lumière du ciel de nuit
Évoque
Secrets d’amour
Ma voix, ton nom
Le feu au corps
Tes yeux révence
Nos tendres jeux
Et la lumière du ciel de nuit
Évoque
Sur ton corps nu
Mon corps brûlé
De toi
Qui vient
Qui vient
M’aimer plus fort
A moi
D’étreindre ton extase
A moi
De me fondre en ta vie
A moi
Pour toi
De vivre en ta fièvre arc en ciel
A nous
La lumière du ciel de nuit
Évoque
L’amour profond
L’orage en nous
Le ciel de nuit
Lumière.

Le 14 11 2007

Et les Mots seront vent !



Planté devant l’ordi à gribouiller des mots
Sur un clavier sans lieu aux lettres délavées
Les secrets de la vie s’éteignent dans mon dos…
La rue de mon histoire est toute dépavée !

Je sens le doux de l’heure où se taisent les choses,
Ce moment incertain qui ne prévient jamais
Lorsqu’il frappe à ma porte et que – métamorphose -
Aucun de Vous n’est là… Et c’est le « désormais »

 « Désormais » crie le jour aux mains froides, lointaines,
Aux regards effacés – allez savoir pourquoi ? -
Et pourquoi, désormais, l’amour semble la haine
Et mon cœur, cet idiot, qui se remplit de froid !

J’écris le petit lieu d’une petite histoire
Où la grande aventure a de grandes raisons
De s’enfuir au jamais d’un accord de guitare
Et - blessée par la vie - d’éteindre l’horizon !

Cela rime de peu avec « incognito… »
C’est le « je n’en reviens d’écrire si souvent »
Le constat délavé d’un clavier où, bientôt,
Je ne saurai la lettre… Et les Mots seront vent !

 


à suivre...


 

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