Est-il au fond du
temps ?





Le vent laisse les mots dénaître nos souffrances
et la musique va l’écho de cette errance,
et nous ne sommes rien que ne soit la beauté
aux bruines de la joie où naît la Liberté !

Je te regarde et songe et tu vas ta déroute,
ou je t’oublie un peu quoi que cela me coûte,
mais… de même manière et de même façon
les mots silencieux ont encor des leçons

que nous devons apprendre, ici et là, partout
où la feuille sursaute à l’arbre déjà roux
quand l’automne, à la vie, va sa désinvolture
au gré des contre temps, au gré… de nos natures,

nous qui ne voyons rien de la beauté des choses
lorsqu’elles sont galbées… pour le corps cette rose,
et pour ces grands yeux noirs cette nuit printanière
dont nous ignorons tout mais voulons la lumière…

et pour ce doux regard que l’on pourrait offrir,
et pour ce geste pieux ou ce petit sourire,
pour cette étrangeté à donner-recevoir
sommes-nous ainsi fait que l’on ne sait la voir ?

O pour le vent blessé lorsque souffre une fleur,
pour la pluie sur les toits lorsque cet enfant pleure,
pour cet Être perdu au tumulte des jours
est-il, au fond du temps, un seul instant… d’amour ?

 



Poésie Mon Amour

 

vous écoutez: la Suite n° 16 - Allemande - de Silvius Léopold WEISS