VOYAGE




Descend le ciel au bord des vallées interdites
en ces obscurités de ces choses non dites
lorsque épié, au lieu de sa propre blessure,
l’homme se cache en lui, là où il se rassure.

Il s’endort doucement, en lui-même, serein,
rêve de ce roulis dans le wagon d’un train
qu’il prendrait quelque part sans importance aucune
pour quelque vieil abris, quelque piètre infortune.

A la vitre s’allonge un paysage flou,
l’homme jette un regard que ses pensées déjouent
dans l’écho singulier au rythme fastidieux
du roulis sur les rails, l’homme, lui, cherche Dieu.

La pénombre pourlèche son visage éteint,
il sait qu’il faut aller jusqu’au petit matin,
tenir en la froideur de son rêve grisé,
tenir et ne laisser rien d’autre le briser !

Le sommeil, en sa vie, a pris toute la place,
il s’endort n’importe où, même au reflet des glaces,
et le train atténue ses mouvements d’acier,
l’homme, au long de la nuit, n’avait fait que prier !

Aux premiers pas fébriles sur le quai jonché
de feuilles automnal’ il n’a rien à chercher,
vers quelque incognito se dirige et regarde
si quelque part encor, en son cœur, Dieu le garde.

Il traverse la voie déserte vers l’ailleurs,
pressent, au fond de lui, une intime frayeur,
l’autre cheval d’acier passe sa route ici
et lui ôte d’un coup… le poids de ses soucis.


Poésie Mon Amour                                                                              page 4