Essai d’hommage à

 Léo Ferré.



 


 

 


Autrement qu’au servile des vies mensongères
dans le limpide feu des verves qui suggèrent
et la nuit et le jour sur les pavés en marbre
de ces folles pensées accrochées à ces arbres
où le lieu écritur’ ne compte plus les pieds
     j’entends à la légère :
    « Poète, vos papiers ! »

Il dégueule son fiel des pensées établies
dans l’obscure insomnie des mots que l’on ne lit,
les ordures pourries des brouillons desséchés,
l’écriture insomnie qui s’en vient le chercher
lorsque aux routes les hommes tuent l’aube des pieds
  on est à l’hallali :
        « Poète, vos papiers ! »

Morne oraison des siècles soumis aux outrages,
brûlure au cœur en pluie qui n’attend rien de l’âge,
guitare au fond des bois désaccordée d’errance
et détritus enfouis des immenses souffrances
alentour des vieux cris étouffés des guêpiers
      et puis la voix en rage :
      « Poète, vos papiers ! »

La négation de l’homme en son pas insurgé
parmi les nuits morbides des clochards purgés,
le vieux litre qui roule au caniveau sans chien
et le chien qui aboie tel un Poète en liens
lorsque ici et ailleurs toutes choses épiées
     on entend exiger :
     « Poète, vos papiers ! »

Regarde-moi, ton jour décuple les mensonges,
comme un vieil arbre mort tu n’as plus aucun songe
hormis l’autre vouloir établi sans vergogne
par tes lois en ces murs auxquels chacun se cogne
le désir innommable, invariable, estropié
      qui résonne et me ronge :
     « Poète, vos papiers ! »

 



 

vous écoutez: la Grande Sonate (Romanza) op.39 M.S.3 n°2 de:

PAGANINI

 

 

Poésie Mon Amour