L’aigle ou sa proie.



 



Autrement qu’au-delà d’improbables exils
où je ne fus jamais que le bouffon du roi,
parmi les maigres lieux de mes maigres périls
suis-je l’aigle ou sa proie ?

Je badine en des mots de séjours éphémères,
à braver l’entendu je ne sais plus mes droits
parmi l’ombre des jours ou la nuit en lumière
suis-je l’aigle ou sa proie ?

Et dans l’insignifiant de mon obscure éthique,
lorsque à me regarder je ne sais ce que croit
l’imaginaire exquis de mon cœur chimérique,
suis-je l’aigle ou sa proie ?

J’indivise mon jour à ceux-là révolus
quand la pensée n’effleure que ce qui poudroie
comme la neige en feu autant qu’il le lui plut,
suis-je l’aigle ou sa proie ?

Et demain en l’histoire évoquée d’impostures,
dans le flou des brouillards mêlés des désarrois,
au bout des bras tendus, au gré de la nature,
seront l’aigle et sa proie.

 

vous écoutez Nocturne Op.4 n°2 de
Johann Kaspar MERTZ (1806-1856)

Poésie Mon Amour

 des vers en vrac