L'arbre déjà scié.






Et le sensible se défait
de ses propres adversités,
son monde étrange ne refait
jamais deux fois la liberté.

Et la lueur inentrenvue
des rousses pluies vagabondées
là où l’on eut perdu la vue
pour ne pas être abandonné,

cette lueur d’un incertain,
cette ultime vie qui décroît
aux soirs dont savent les matins
qu’en tout cela plus rien ne croit,

en ces soirs de vieille imposture
blême du meurtre insoupçonné
que commettent ceux-là qui turent
l’être, en ses deuils, à peine né,

ces choses inimaginables
au cœur brûlé de tant de lieux
dont l’homme nomme le minable
plutôt que vivre en son milieu,

ces choses de la vie défaites
parmi l’ordure ménagère,
les bruits éteints, les bruits en fête,
choses, ici, que l’homme gère

j’en dégueule sur l’ici gît
de ma mémoire négociée
quand le sensible plus n’agit
qu’à vaincre l’arbre déjà scié.

 

 

vous écoutez la Marche Funèbre de Ludvic Van Beethoven

 
 Poésie Mon Amour