Illustration Cécile Verhaever
 




Je m’envole.



Et je vole à la lune sa blanche pâleur
quand les jours ne sont plus que des reflets de l’heure,
que des semblants de rien où les vies se rassurent
ébruitées dans les rues au gré de nos blessures.

Je vole l’innomé, le petit lieu fragile
où s’évade mon cœur comme en un évangile
l’on découvre l’espoir, la passion, l’éphémère
tel aux yeux de l’enfant la beauté d’une mère.

Je vole, à cet oiseau, son chant doux et discret
et ma mémoire ainsi oublie ce que je crée
lorsque les jours ne sont que des reflets de l’heure
et que la vie, partout, n’est rien qu’une pâleur.

Je vole et vole encor bien des inaperçus
en ces jours à savoir ce que je n’ai pas su,
en ces moments de nuits dans l’embrasure des portes
je vole, ça et là, ce que la vie supporte.

Mais elle est fatiguée, et, là, demeure assise
en mes coins incongrus, mes pâleurs indécises,
la vie vole à la lune sa blancheur défaite
et mon ombre, par là, vagabonde, imparfaite

en un vol éphémère, étourdi, fastidieux
dont l’errance s’en va sur le chemin de Dieu
alentour des secrets, et des métamorphoses
je m’envole… et la vie, en quelque ailleurs, se pose.


 



     Poésie Mon Amour                                                                                               page 2