Au Clochard, mon Frère

 

 

Et l’eau glisse et s’en va, sous le pont, le clochard
Dénués d’intérêt ses pas sous le ciel clair,
Comme des milliers d’hommes de rien ou pochards,
Sa vie à fait son tour et plus rien ne l’éclaire.

Aujourd’hui, çà et là, bien d’autres vont la route
Autrement qu’il est dit au sommet de vos fiefs,
Car vous n’avez, pour eux, pas eu le moindre doute
En les ayant laissés devenir S.D.F.

Vous roulez dans la paix et la sécurité
Parmi tous les déchets étalés alentour,
En nous prônant bien haut la belle Liberté,
Celle que nous avons chacun, là, tour à tour

Sous ces ponts où l’eau glisse et s’en va le clochard,
Lui que j’aime et qui rit de la misèr’ du monde
Posée par vos longs doigts sur ce siècle au pochoir
Puisque vous présidez et que, partout, abondent

Des milliers de clochards comme à ces petits jours
Où l’on voit l’eau glisser sous les ponts de la vie,
Où nul n’a vraiment cru le fraternel amour
Que vous prônez encor sans le moindre appétit.

Fuyez tant qu’il est temps, le clochard a ses lois,
Et l’homme fatigué se tait un instant bref,
Car s’en viendra le jour où vous ne pourrez pas
Oublier, çà et là, l’ETRE-HUMAIN-S.D.F.

 

 

vous écoutez: l'Etude n°8 de: FERNANDO SOR

 

Poésie Mon Amour