Comment l'on dit…

 




 

Les Mots voguent la vie, bateaux de mon ivresse,
et les lames de fond s'y heurtent, je me dresse
comme un vieil ouragan somnambule en voyage
dont l'écriture aurait des salves pour les rages

éprises, çà et là, de mes révoltes blêmes,
des haines défendues puisque les hommes s'aiment ?
Comme ils sèment l'horreur aux yeux du non-voyant,
comme ils voient dans le cœur, de leurs frères priant,

les sursauts, les envies, les souffrances, les hontes
dont chacun d'eux, par-là, sournoisement, tient compte
du probable mortuaire aux cœurs inavoués
quand l'homme veut, à Dieu, simplement se vouer…

dont chacun d'eux refait le monde avec ses lois
et qu'ainsi, quelque part, sous son poids, l'autre ploie,
l'autre dont vogue, aux Mots, la vie désabusée,
l'autre qui, pour tout ça, c'est simplement usé,

l'autre qui va, là-bas, sur des bateaux d'errance
dont les lames de fond ne sont que ses souffrances,
l'autre qui ? Vous, qui ? Moi, l'autre dans sa dérive
éclaboussé des pluies de sang et qui arrive

à son port, étonné du voyage aussi fou
que l'on va, ça et là, sur la terre, à genoux
lorsque les Mots jamais n'évoquent, tout de même,
pour chacun de Ceux-là… comment l'on dit… « Je t'aime. »

 

 

 

Poésie Mon Amour

 

vous écoutez: le Prélude n°1 de Heitor VILLA-LOBOS