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Tout ce que j’ai reçu !

Pas vraiment mal au cœur, pas vraiment mal aux pieds,
Ni même – s’il se peut – quelques douleurs à l’âme,
Un rien de « je ne sais », une chose épiée
Dont on ne perçoit pas si c’est l’homme ou la femme

Qui, par son imprécis, son ailleurs éprouvant
Toucherait, en plein cœur, de cette flèche ardente
La passion du regard éteinte si souvent
Comme à n’en plus savoir cet Être qui vous hante !

Pas vraiment de quoi rire et même pas pleurer,
Un petit « quelque chose » une flamme éconduite
Qui aurait, pour toujours, un instant effleuré
Autant l’un comme l’autre en sa futile fuite !

La vieille vie s’écrit à l’encre des « pourquoi ? »
J’y dessine mon cœur et mon trouble passant
Ici et… çà et là, sans bruit, sans un « mais quoi ? »
Mais qu’importe le jour qui descend, qui descend !

J’y dessine peut-être un peu trop ma langueur,
La nostalgique plaie de trop d’amours déçus…
Et si j’ai mal aux pieds, je soulage mon cœur
En écrivant ainsi tout ce que j’ai reçu !


 

Mais pourquoi suis-je né ?


Dissout par les rigueurs de mon pauvre voyage
Au long des vieux matins qui dissipent mon âge
Mon cœur irrévérent, mon cœur égratigné
Implore, en sa raison, pouvez-vous m’épargner !

Il quémande l’oubli, cherche à ne plus savoir
Celle qui écrivit trop souvent « au revoir »
Et dont il pressentit, un peu comme insidieux,
Ce mot de tous les jours qui voulait dire… « à Dieu ! »
 
« A Dieu, va ton chemin… » Mais mon cœur ne sait pas
Ni l’enclos, ni le rêve où s’étouffent les pas
Qu’il fit – fébrilement – pour s’envoler vers Elle…
Non, mon cœur ne sait pas… C’est pourquoi il t’appelle !

Tu n’entends pas le soir son battement, je sais…
Ou bien… je ne sais plus s’il bat ou s’il essaie
De survivre avec moi en mes amours défunts
Dont ton silence dit « voici venir la fin ! »

La fin de tout ceci, la fin de tout cela…
Cette fin qui jamais n’en finit d’être là
Plantée comme un couteau dans la plaie de mon rêve
Et qui - par-ci, par-là – sait que mon coeur en crève !

Dissout par les beautés qui passèrent ma route
Au long du temps flétrit au regard de tes doutes,
Mon cœur irrévérent, mon cœur assassiné
Me demande, éconduit, « Mais pourquoi suis-je né ? »

 

En l’homme comme en l’Évangile.


De vous à moi, quelle importance
A donc l’espoir aux vieilleries
D’ici-bas, et cette insistance
A croire en soi tant que l’on prie ?

Quel est le sommet qu’on atteint
Lorsque l’on s’est tant ignoré
De piètres nuits en faux matins
Et que l’on est comme… emmuré ?

La vie aurait donc une histoire,
Un quelque part inabouti
Dont on pourrait, sur l’écritoire
Du temps, oser – tout ou partie - 

Dessiner des soleils couchants,
Sentir le parfum des forêts,
Écouter, des oiseaux, le chant
Avoir, en soi, quelques secrets ?

La vie serait donc belle et douce,
Une rivière enchantée d’ombres,
Sa cascade qui éclabousse
En rires frais tous les cœurs sombres ?

Un rêve, une idée, un voyage,
Une tendre mélancolie
Et comme un fabuleux mirage
Ses deux mains dont les cœurs se lient ?

De vous à moi, telle beauté
Semble effeuillée ou… trop fragile
Et je n’en vois la liberté
En l’homme comme en l’Évangile !

 

En un pas maladroit.
 

Sans trop savoir pourquoi, aux songes éphémères,
A l’illusion du temps dont je ne sais parler,
Je ressens, là, tout bas - ni heureux, ni amer -
Que je dois m’en aller !

J’ai pris, bien d’autres fois, des routes incolores,
Et vu des lieux défaits à tout entremêler,
Le soleil, ici bas, met à la pluie, son or
Mais je dois m’en aller !

Les petites raisons qui font craindrent les choses,
Ces pensées, ces détours en l’esprit dévoilés
Ne me retiennent plus… Va la métamorphose
Car je dois m’en aller !

Probablement des « rien » m’attendent quelque part,
Un lieu-dit, méconnu, un semblant isolé
De quelques vies, par là, même pas un départ
Pour autant… M’en aller !

Je marcherai devant mon ombre singulière
En un pas maladroit, à peine révélé
Aux secrets de mon cœur, à mon geste en prière
Quand je vais m’en aller !

 

J’ai froid !


J’ai froid sur mes amours et froid en mon silence,
En ce vide du temps dont ma verve est souillée ;
Le chemin de mes mots évoque mon errance
Et je reste – perdu – un peu en … pointillé !

D’un pas, l’autre, jamais - sous le ciel imprécis -
Je ne vais, écoutant la rue des jours sans pluie,
Ni même celle-là qu’un soleil négocie
Aux regards inconnus de Celle ou de Celui !

Je n’aventure plus mon geste suranné
A ces lieux entendus où bafouillent les hommes
Et là – dans ce huis clos – quelque peu étonné
Je me dis – malgré moi – voilà où nous en sommes !

A l’autre bout des jours se dessine un nuage
Eclaté des rougeurs d’un vieux soleil couchant,
Je m’assieds, là, tout près des confins de mon âge
Et j’écoute, en ses feux, des grands oiseaux, le chant !

Sombrement, je devine - en ces teintes - le seuil
Où l’horizon rassure, où plus rien n’est en proie
A quelques soubresauts, à quelques anciens deuils
Mais il n’est plus d’amour, ici bas, et… J’ai froid !


 

Il ne serait donc rien ?

 

Il ne serait de vie sans accroc, sans blessure,
Un moindre petit lieu qui réchauffe et rassure
A l’orée de l’oubli lorsque tout est en friche,
Une ombre surannée dont le regard ne triche ?

Il ne serait donc rien, pas même une chimère
En sa désinvolture, en son geste éphémère
A l’endroit de ces jours où je reste sans lieu
Sans raison, sans histoire à me tourner vers Dieu ?

Comme, comme éprouvé de quelques vieux séjours
Ainsi faits, çà et là, de l’encore au toujours
Et dont, quoique blessé, je sais le feu étrange
Au cœur qui se souvient que s’endorment les anges !

Il n’est donc pas un mot, pas geste, pas l’ombre
Au reflet de la vie, quand mon âme est si sombre
Et qu’à laisser passer les jours et leur mémoire,
En ma page, l’écrit n’est plus qu’un vieux grimoire ?

Il n’est rien… Et je vais le pas de mes silences
Comme, comme défait, comme sans importance
A tendre vers la vie ma silhouette grise
Élaguée de partout et de partout éprise

Aux espoirs éternels qui habitent chaque homme
Et que tout horizon étreint et puis… qu’il gomme
En ces riens, en ces peu, en ces choses passées
Dont, malgré moi, je sens le goût de m’effacer !

 

Un nom.

 

Après, après tout ça, après toutes ces routes
Lorsque toute effusion a été mise en doute
Comme dort – en secret – un incertain matin,
Je regarde mon cœur, doucement, qui s’éteint !

La nuit noire est en feu quel que soit son voyage
En sa propre blessure, en son propre naufrage,
Et la pauvre pensée qui traverse l’esprit
N’est rien d’autre qu’un cœur – au gré de rien – qui prie !

Et le voilà frôlant, de sa foi, vers l’ailleurs,
Celui qui connaît bien le lieu de ses frayeurs ;
Le voilà implorant quelques bribes de vie
A ce Dieu protégeant toute âme sans envie !

Après, après tout ça, après même les noms
Que l’on ne nomme plus, qui ont souvent dit « non ! »
Et cette étrangeté à regarder derrière
S’il en resterait un qui eut quelque lumière,

Un seul, un étourdi, un nom qu’on oublia
Et qui là, malgré tout, à nos mains, se lia
Comme un baiser volé qui revient de l’hiver,
Un nom qu’on eut tracé au gré de « certains » vers,

Un nom de nulle part, un nom pour s’endormir,
Un nom dont ne sait ce qui, en lui, se mire
Et cette étrangeté à regarder derrière
S’il a gardé, pour nous, une infime lumière !

 

 

Poésie Mon Amour

 

 

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