Les murmures de Dieu.


 




Tout est là, sur le bord des songes éconduits,
mon probable, mon peu, mon histoire irréelle ;
des hier aux demain les gestes d’aujourd’hui
ne sont, qu’en apparence, un délicat cruel.

 « Tais-toi » dit l’autre jour, « parles haut » me murmure
un rien du ciel encor dont je ne sais l’histoire,
 « écartes loin de toi l’ombre des quatre murs
qui trace, au gré des riens, le rien d’un territoire

où tourne, tourne en rond ta pensée singulière,
ne laisses plus partir les moments sans aller
vers ce lieu apostrophe au sac en bandoulière,
vers la vie qui s’en va au bout de son allée.

Prends le large des jours où se tait, langoureuse,
cette envie musicienne de chanter plus fort,
et quel que soit le temps ou que soit, ténébreuse,
ta pensée retenue par l’impossible effort,

regardes devant toi, écoutes les frissons
de l’oiseau qui, pourtant, vole entre les nuages,
de cet oiseau fragile enlaçant sa chanson
chaque jour, un peu plus, au long de son voyage.

Puis, sur le soir tombant, tes jours enchevêtrés
de mille découvertes, de parfums radieux,
poses ta vie, ici, là en cette contrée
où tu perçus, si bien, les murmures de Dieu. »


 

Poésie Mon Amour

 


 


 

vous écoutez: Valse 1 Melodioso de
Enrique GRANADOS