En ce linceul étrange.

 


 

 


Je dors en l’autre vie brumée de mes silences,
éclaboussée d’ordure et des crachats du ciel ;
il y eut autrefois les larmes de l’enfance,
Il n’est plus aujourd’hui que, de l’homme, son fiel.

A tous les mots d’amour mon cœur s’est endeuillé,
l’histoire ainsi va là, d’une fleur effeuillée
aux plus doux crépuscules bivouaqués d’aurore,
l’âme ainsi méconnaît les secrets de son corps.

Et l’on s’éteint d’un rien qu’il ne fut d’avantage
à n’entendre la vie qu’au gré de ses outrages,
et l’on baisse le cœur comme on baisse les yeux
lorsque à prier trop fort l’on entreverrait Dieu !

L’on n’est rien, ici bas, que ne soit la lumière
sur des rêves frôlés où l’on frôle – éphémère -
l’illusion d’un regard au plâtre du plafond
dont l’abîme entrouvert blesse le cœur profond.

Et dans l’immensité des prières secrètes
lorsque Dieu me dirait : « tu es – d’un mot – poète ! »
j’aimerais m’endormir en ce linceul étrange
qu’il eut tendu, pour moi, au milieu de ses anges !

 



vous écoutez: Romanza de
Miguel Llobet

 

Poésie Mon Amour