L’Enfant.






Plus loin que moi, en mes rumeurs,
là où tressaille l’entendu
de ce qui vit, de ce qui meurt,
de ces regards, partout, perdus

parmi les choses incertaines
où l’homme méconnaît ses lieux,
parmi toutes ces voix hautaines
qui posent leurs mains sur nos yeux

ainsi qu’à regarder le monde
l’on ne se voit plus que soi-même,
parmi l’oubli, lui-même immonde,
la vie ne répond plus : je t’aime,

quand l’homme, en ses propres rumeurs,
là où tressaille l’entendu
de ce qui vit, de ce qui meurt,
n’a qu’un regard, partout, perdu !

Où donc s’est terrée la colombe
parmi la fange du destin,
affolée, comme nous, des bombes
éclatées par tous les lointains ?

Où donc poser encor un pied
parmi les déchets et les ruines ?
Nous finirons tous estropiés…
l’homme a souillé… même la bruine !

Il est, à l’Enfant, un sourire
avec ses yeux qui veulent tout,
son insouciance pour nous dire :
  « arrêtez ça, vous êtes fous ! »

Plus loin que lui, en ses rumeurs,
là où tressaille l’entendu
de ce qui vit, de ce qui meurt
…l’Enfant, de nous, se sent perdu !

 

vous écoutez la Fantaisie en Ré de
Sylvius Léopold WEISS


Poésie Mon Amour