à ma soeur Françoise...
mes mots pour ses souffrances...

 

 

Mais je suis près de Toi !



Le deuil détournerait, parfois, quelques chemins !

C’est ta vie qui s’en va, c’est mon cœur dans ta main !
L’on n’écoute vraiment l’Être – en sa vie – qui pleure
Ou qui sourit son rêve à deux pas de ses leurres !

Tant qu’on le sait vivant, tout se prête à l’espoir
De le réconforter, d’allumer – en ces soirs -
Une bougie d’amour à son regard en pluie !
Tant qu’on le sait vivant, on pense : moi, je, Lui !

« Tu es la fraîche pluie d’un été brûlé d’ombre »
Aurai-je dit, bien sûr, là même où elle sombre !
Et ma main aujourd’hui et la peine d’aimer,
Celle ou celui qui part, se sentent essaimées !

Je ne reviendrai plus te parler, te sourire !
Tu as quitté la vie… Je ne sais ce soupir
Qui t’emporta, là bas, où le silence est d’or
Mais je suis près de Toi à l’endroit où tu dors !



le 2 07 2007




Dix huit septembre deux mille six.



Ce dix huit septembre – en l’année -
Je compris qu’elle allait partir,
Ma propre sœur et mon aînée
Connaître son dernier soupir !

Le chant de la vie se déflore
A même mes yeux, en ma voix ;
Ici va la faune et la flore,
Ici mon cœur n’a plus de voie !

Ô Dieu qui m’écoute et m’entend,
Dieu, qui sait même le silence,
Accorde lui, juste un instant,
La main de ta douce présence !


L’abîme, en ses jours et ses lois,
Reçoit les âmes épleurées
Mon Dieu comme le saule ploie !
Mon Dieu mon âme est emmurée !

J’ai tout galvaudé, tout écrit,
Je ne me vois plus au miroir…
J’entends, au loin, ma soeur, ses cris…
La souffrance et le désespoir !

Viennent des aubes écarlates,
La pluie des Cieux sur la douleur
Et qu’en toutes choses se hâte
Mon Dieu qui essuie tous les pleurs !

Alors, dans l’inutile ivresse
Où j’ai cueilli des mots sans fleurs,
Que monte, Mon Dieu, vers ma sœur
La Vie de toutes tes promesses !


le dix huit septembre 2006
 

 




Ma sœur… Françoise




Ma Sœur vient de partir là-bas
Où l’on ne peut dire « Je T’aime ! »
La vie n’est autre qu’un blasphème
Et tout s’éteint de tout combat !

Mon cœur, en guenilles, ne sait
Se libérer de ma douleur,
Pas une larme, pas un pleur !
J’ai le sentiment d ‘être laid !

Des frissons parcourent mon âme
Et mon corps tremble dans un coin ;
Aucun, pour Elle, n’eut de soin…
Elle était jeune, Elle était Femme !

Les petits lieux où je me terre
Où je ne cesse de me taire
- Une façon de ne rien voir -
Est-ce cela le désespoir ?

Il est si long ce jour encore !
Mon cœur a froid comme mon corps
A ne pouvoir plus rien songer !
Partout, partout je suis rongé !

Ma Sœur vit au monde-silence
Et son sommeil et son absence
Eveillent des mots que j’écris
Et cet ultime plaie, ce cri :

Je T’aime !

le 17 juin 2007

 

A ma sœur, Françoise.

pour ses souffrances

 

Epleuré des grands vents qui éteignent nos ombres
Au beau milieu des jours dont les nuits restent sombres,
Quand il n’est plus un cri que l’on puisse pousser
Pour l’Être qui s’en va, par les cieux, délaissé…

Quand ne reste, en la vie démesurée des verves,
Qu’un petit rien du tout, un soi que l’on observe
Entre la démesure éclaboussée des pluies
Qui firent le chemin mais où plus rien ne luit…

Et l’inégalement évoqué d’habituel
Où la vie ne dit rien qui serait perpétuel,
Où, comme ce regard que l’on eut échangé
Ici et là, pour rien, pour juste partager

Ces petites façons des matins de la vie
Où tout est important, même la non envie,
Et l’autre jour encore où l’on aimait vraiment
Ce qui, en nos vieux jours, ouvre le firmament !

Qu’est-il qui ne fut là et disparu soudain
Dont le deuil, à jamais, ne dira le dédains,
Dont les jours épleurés comme des catastrophes
N’écriront, d’un regard, les cœurs en apostrophes ?

Qu’est-il -me direz-vous- lorsque tombe le soir
Sur un cœur, à jamais, hurlant son désespoir
Face à tout ce qui peut nous atteindre, nous taire
Au fond de l’âme, en nous, aux confins de la terre ?



2006

 

 

 

Mes doigts… sur ma guitare ?


à mon Père,
à ma sœur, Françoise
pour leur souffrance



E
t si je me taisais que diriez-vous de moi
Qui n’aurais su porter les douleurs de la vie ?
Que songez-vous tout bas ? Le rêve est sans envie
Et ma propre maison ne sait son propre émoi !

Le ciel éteint ses feux à l’heure du couchant,
L’aube décline encore un regard étonné
Sur ce que fut la vie en elle abandonnée,
Sur ce qui lie la mort au moindre de nos chants !

L’ivresse est un huis clos où s’endort la mésange
A jamais devenue petite fleur d’amour ;
Le silence et l’oubli atteignent l’alentour
Et si je me taisais qui sourirait ? Les anges ?


A peine revenu de ma pauvre prière
Je décalque – un instant – mon deuil à l’infini
Sur la route du temps que lui même renie
Et si je me taisais et devenais poussière ?

L’étoile qui s’éteint à l’horizon des deuils,
Cette fleur étonnée dont je sais la douceur
Et le nom de mon Père et le nom de ma Sœur
Y reflètent mes yeux, y jettent mon écueil !

J’ébauche ma rêvance à ces cœurs, outre rien,
Dont mes songes – partout – évoquent la souffrance…
Mais si je me taisais, demeurerait l’errance
Au chemin de l’amour, au sentier des vauriens !


Car je suis, ici bas, cet homme qui blasphème
Et dont le cœur s’éplie de la mort infligée,
Ces choses que l’on dit comme un peu négligées,
Le secret pour un Père, une Sœur, Ceux que j’aime !

Et si je me taisais, si même mon histoire,
En ses piètres façons, n’avait de retenue ;
Si le chant de l’amour ne s’envolait aux nues
Lorsque j’appelle à lui, mes doigts… sur ma guitare ?



le 8 mai 2007.

 

 
 


S’éteindre…


à ma soeur Françoise...




S’éteindre …

Inconscient et défait d’avoir été en vie
Quelque part où l’amour vous manqua plus que tout,
En ces choses de rien qui ternissent partout
Le moindre petit lieu qui vous faisait envie !

S’éteindre…

Entouré de tous Ceux qui vous aimaient vraiment
Comme il convient à Dieu, à l’homme qui s’épleure
En cette vie de rien qui riait comme elle pleure,
En la vie qui s’endort aux gestes des « comment ? »

S’éteindre…

Un matin, une nuit sans que nul ne connaisse,
Aux maux de l’entendu, la plainte de l’amour
Dont s’ébrouait le temps au gré des alentours
Comme mourir la nuit de ces matins qui naissent !

S’éteindre…

Et puis, et puis… pourquoi vivre encore en ces lieux,
Pourquoi se souvenir, se battre et  ne plus voir
L’existence rimée à ne jamais savoir
Si l’amour, en sa joie, nous a conduit vers Dieu !

S’éteindre…

Et s’endormir partout… Ne savoir son linceul,
Ni l’aube, ni le soir, ni le secret tourment
De ces Êtres restés tout près… « une maman 
Une sœur ou son frère » et s’en aller tout seul !

S’éteindre…



Le 12 Mai 2007

 



 

Une main.


à ma sœur Françoise…



Crever sur un trottoir ou un lit d’hôpital
Avec, au fond de soi, tous les Êtres qu’on aime
Et ne plus rien savoir de ce moindre pétale
A la fleur étonnée qu’aucune main ne sème !

S’éteindre doucement, évaporée la vie,
Et sentir – çà et là – son corps abandonné,
Le murmure insidieux de ce que fut l’envie
Au premier jour du temps qui nous sut nouveau-né !

N’avoir plus de secret au regard du vrai Dieu ,
S’éteindre doucement, une main près de soi ;
Une main affolée, écrite dans les yeux,
Une main pour jamais, une main qui reçoit !

Crever sur un trottoir ou un lit d’hôpital,
Évincé de la vie sans en savoir pourquoi ;
Pourquoi mourir ainsi, cela est-il fatal,
Une main qui s’éteint, un cœur qui ne sait quoi !

Crever, crever pour rien, pour s’en aller dormir,
Oublier – peu à peu – la vie qui nous fit mal ;
Laisser aller le temps qui s’en vient nous vomir
Tant la mort est ici, comme la vie, normale !

Je regarde le soir feindre ses amours nus,
Éclater les secrets de mon âme qui pleure ;
Il est au fond de moi la douleur inconnue
De pressentir ainsi que s’envole ma sœur !


Le 7 mai 2007.

 

Et Dieu qui l’entendait…

à ma sœur qui dort en moi…



Et ma sœur est partie. Il me souvient du temps
Où son cœur, en sa main, me disait : « tout autant
Si la vie nous échappe il faut rester ouvert,
Saisir les yeux fermés ; Toi qui te veux trouvère

Ne laisse pas l’amour au pied de tes chemins,
Moi qui ne l’ai connu je te dis : tend la main
A Ceux qui souffrent fort des gestes éloignés,
A ne pas les entendre il n’est rien à gagner ! »

Elle disait cela, toute pleine de vie,
Et Dieu qui l’entendait – prière inassouvie -
Lui offrit, quelque fois, un merveilleux nuage
Où l’on goûte la vie, où la vie n’a plus d’âge !

Elle aurait su parler à toutes les douleurs,
Elle qui n’entendait jamais le son de l’heure
Et qui – toute éblouie – d’un regard moins défait
Ne pressentait le mal qui dévore et qui fait

Qu’un matin, une nuit plus fébrile ou plus douce
On s’éteint de si peu, de la mort qui nous pousse
Au-delà des chemins qu’il restait à revoir
Quand bien même, en sa vie, Elle voulait tout voir !

Elle aimait Dieu et l’Homme et souvent les enfants
Se groupèrent vers Elle et lui disaient : « Fanfan ? »
C’était là son surnom… Et ma mère ce soir
S’endort, mes yeux mi-clos, de tout ce désespoir !

 

17 juillet 2007

 


vous écoutez: Le prélude N°1 de Hetor Villa-Lobos

 




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