Au hasard des mots

 

Vivre seul !



A la table choisie des doutes et des riens
Où je ne fus jamais que l’ombre d’un vaurien
Comme on se tait des jours, comme on ouvre sa gueule
Je voudrais vivre seul !

Je vous ai côtoyés, incrédules, volages
Sur les bords de ma vie, sur les pas de mon âge
Où vous n’avez jamais magnifié un linceul,
Je voudrais vivre seul !

J’ai tout nié, tout tu, tout éteint, tout meurtri,
Ma verve d’autrefois n’est rien d’autre qu’un cri,
Les chants de ces amours à vos amours vous veulent…
Je voudrais vivre seul !

J’ai regardé les morts dans les yeux de la vie,
Le songe à leurs cœurs nus, toujours inassouvi,
Les beautés, le ciel clair et l’amour qui dégueule…
Je voudrais vivre seul !

Ne venez pas chercher dans mes surimpressions
Un jeu de mots, d’amour, l’ombre d’une passion
Car l’aube sait la vie autant que ses linceuls…
Laissez-moi vivre seul !


Le 18 12 2008
 

Et des demain sans lieu…



J’écrivais quelques fois,
Autrefois,
Puis Toujours !

A la morte saison,
Sans raison,
Par amour !

Au printemps des « vois-tu »
Tout se tut,
S’en alla !

J’écrivais le cœur-pluie,
Mon « Celui »
L’au-delà !

Mais la plume est étrange et ne sait bivouaquer
Comme le vent l’emporte à son propre évoqué !
Comme j’aurais aimé des faubourgs, des jardins
Où l’on sème l’amour mais tout n’est que dédain !

Je suis bien !Je suis peu ! Ma guitare à ces lignes
Écrites – je ne sais – ni le son, ni le signe,
Ni la moindre raison d’évoquer d’avantage

Les bonheurs d’autrefois, ceux qui n’auront pas d’âge,

Les « reviens-si-tu-veux » bien que je parte encore,
Ce qui – en mes secrets – m’éblouit de ton corps,
Toi qui ne sauras plus ma moindre vie-blasphème
Et le mot qui s’en vient à ce piètre poème !

J’écrivais quelques fois,
Autrefois,
Puis Toujours !

A la morte saison,
Sans raison,
Par amour !

Au printemps des « vois-tu »
Tout se tut,
S’en alla !

J’écrivais le cœur-pluie,
Mon « Celui »
L’au-delà !

Il se fait tard et l’heure
Ainsi pleure
Et des vies

Et des demain sans lieu,
De mes yeux,
Fuit l’envie !

Le 11 12 2008
 

 

Le vide.



Le vide sans rien dire installé, pas à pas,
Dans le cœur et dans l’âme, au plus profond de soi,
Comme une immensité dont on ne savait pas
Le destin singulier… Le vide nous foudroie !

Un matin, une nuit les blessures du temps
Trop lourdes, trop gravées, mensongères, posthumes,
Accrochées, çà et là, déforment les instants
Tout comme un ici-gît, une vieille coutume !

Le vide dans les yeux c’est le cœur loin de tout,
Les dessins de la vie sur le mur des absences !
L’oubli même de ceux qui furent, n’importe où,
Des anges, des démons… Le vide a ses silences !

Les routes sont des jours de vieilles intentions,
Balbutié des prénoms, des ombres, des « quoi donc ? »
On s’éteint, il fait lourd sous le ciel des passions ;
Le goût des pauvres vies, en lui, n’est pas un don !

Le vide, par la main, vous emporte et vous mord,
Rien n’effacera plus la nuit qu’il pose aux jours !
Et si l’on fut vivant, on se sent demi-mort !
Le vide, autour de soi, fait en nous son séjour !


Le 22 12 2008
 

 

Ainsi sera l’écrit….



C’est peu le temps d’aimer qu’il faut déjà s’inscrire
A la chambre d’hôtel où nul ne viendra plus !
Se regarder, par-là, juste un moment l’écrire,
Oublier qu’il fait froid et qu’il a bien trop plu !

Les meubles se font vieux, ça craque de partout !
Le cœur attend son tour lézardé comme un mur
Et les mains trop ridées vieillissent n’importe où
Et le corps s’est bâtit, aux dégoûts, une armure !

Il reste sur la table un vase sans ses fleurs,
La lumière des faubourgs grisaille les fenêtres ;
C’est peut-être la pluie, au fond des yeux, qui pleure !
C’est peut-être la vie qui, jamais, n’a su naître !

Le matin s’est levé. La ville va ses cris
Comme on reste, un instant, assis très près de soi ;
Songer qu’il faut… Non rien… Ainsi sera l’écrit :
L’ombre au mur inventée que le cœur aperçoit !


Le 21 12 2008
 


 

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