Il est, Il a…

 

 

Il est… la feuille morte, au regard, accrochée,
malhabile et perdue que l’on n’alla chercher
au lointain de l’hiver sous les gravats des jours,
il est le roux du deuil et l’encor des toujours.

 Son rêve a déversé, aux torrents des ornières,
ce que les choses croient ou ce qu’elles nièrent
aux pourtours de l’aveugle et médusé voyage
dont le chemin n’est rien que souffrance de l’âge.

Il est, en l’incertain et la divine errance,
sa propre pluie de mots tombée sur sa souffrance,
et lorsque à ses yeux clos de son éternité
les vents de l’irréel soufflent sa liberté

il négocie le songe contre la blessure,
s’évade en l’au-delà de ce qui le rassure :
« Un amour étonné de son lieu incolore… »
Il est la feuille morte épuisée qui implore !

Et de l’autre côté des miroirs misogynes,
lorsque les plaies du cœur en plus rien n’imaginent
qu’au là-bas des vents fous une feuille s’envole,
il a – la mort dans l’âme – son âme bénévole.



 

Poésie Mon Amour


 


 

vous écoutez l'Etude n°19 de
FERNANDO SOR