Les Mots tus.


 


Et vous ? Vous n’êtes rien, à peine des vandales,
des erreurs erronées, à peine des chagrins
que l’on eut, çà et là, au songe des dédales
où s’égare, éprouvé, l’homme de ce qu’il craint !

Vous êtes sur les lieux de mes compromissions,
potiches de ce siècle éprouvant les idoles
dont vous souillez le rêve et la méditation
qui auraient, quelque peu, un semblant de parole !

Vous êtes ? Et je ne suis, ni ne veut vous entendre
aux palabres des verves souillées de vos vies
où l’on ne voit plus rien sur la carte du tendre
lorsque vous êtes proie de vos propres envies !

J’ai blasphémé le deuil autant que vous l’amour,
il me souvient d’écrir’ pour mourir un peu plus ;
vous êtes, ici bas, l’ombre où va le vautour
que soit le ciel en feu, que soit mon cœur exclu.

Vous êtes les vauriens de l’amour irradié
lorsque l’homme, à vos yeux, n’est qu’une ombre défaite
et que mon âme, en pluie, ne peut que vous dédier
les mots tus par vos morts qui se voulaient Poètes !


 


 

Pour Ceux-là, je dis…


Le monde ébloui de lui-même
et par lui-même médusé
de ses révérencieux « je t’aime »
de ses vertiges tant usés,
ses gardes fous
dont je me fous,

le monde, en sa bestiale errance
de lois inversées en recours
pour l’Etre en paix comme en souffrance,
l’homme en château, l’autre en sa cours,
tombe à genoux
et je m’en fous !

Le monde fatigue mon âme
depuis sa morne déraison
à souiller l’enfant, tair’ la femme
et tenir l’homme en ses prisons…
ces mains qu’on cloue
là, je m’en fous.

Le monde, insalubre lieu-dit,
mièvre demeure et sombre plaie !
Le monde – pour Ceux-là – je dis,
aussi fort que te voici laid :
 « Ceux qui s’y perdent
ainsi t’emmerdent ! »

 


 

Ce simple émoi.


J’écris. Le ciel est en beauté,
douce lumière et tendre bleu
et dans le cœur à peine ôté
les autrefois des « où il pleut »…

Je ne regarde plus le monde,
ébloui le cœur est serein
en ce soleil qui vagabonde
majestueux et souverain.

J’épelle les lieux en lumière,
les nomme au gré de mes regards,
toute chose ainsi éphémère
n’a d’arrivée, ni de départ.

Et le doux suggère un silence
au paisible des rêveries,
et déjà un oiseau s’élance
et déjà, vers le ciel, je prie.

J’attends – mon histoire est ancienne -
les douceurs à jamais perdues,
ces choses simples qui reviennent,
en la mémoire, inattendues.

Et c’est l’enfant, ses doux sourires,
fillette d’un autre horizon…
Le ciel est en beauté, j’aspire
à ne savoir d’autre saison.

Puis décline, dans sa victoire,
le soleil en des rouges-nuits…
Il fit si tôt qu’il se fait tard…
Il n’est de joie, il n’est d’ennui.

L’ombre galvaude encor le seuil,
sa pierre est tiède comme en moi
ne sont ni la vie, ni le deuil
lorsque j’écris ce simple émoi.

 


 

Et l’arbre, en ses demeures.


Je me suis parsemé, étrange et silencieux,
au gré du vent pourpré des prémices des cieux
dont les chemins toujours sautent ici et là,
c’est ainsi qu’a poussé un deuil en l’au-delà.

Je vis dans la froideur des arbres brûlés vifs
par la neige des vies… Sur ma branche, pensif,
je décline à l’hiver mes interrogations,
aux jours plus chauds fleurit, parfois, une passion.

Dans le sursaut des vents si vous me rencontrez,
vous qui passez par-là, au bord de mes contrées,
regardez le silence étoilé du ciel bleu,
il est un peu de moi, morcelé, ténébreux.

Et j’ai poussé mon âme plus loin, plus encor
ainsi qu’auprès de tout je ne sois qu’un décor,
un machinal instinct balbutié de tempêtes
comme au vent des folies toutes choses sont faites.

Et dans cet irréel, et dans cet éconduit
je suis demain, hier… Je serai aujourd’hui
quand le vent tombera et l’arbre, en ses demeures,
blottira, en son bois, la vie, en moi, qui meurt.

 


 

Mon amour.

Qui que tu sois, d’où que tu viennes,
quoique soit ton aube à mes jours,
l’ombre feutrée à mes persiennes…
Ne m’appelle plus « mon amour »

Le soleil, aux fleurs que l’on sème,
donne des teintes en velours
ainsi durant sa vie l’on aime…
Ne m’appelle plus « mon amour »

Au coin des feux de cheminée
se réchauffent les cœurs toujours,
en la vie l’on se croit bien né…
Ne m’appelle plus « mon amour »

Parmi les astres mélodieux,
en leur dessin, le troubadour
voit s’éclairer la main de Dieu…
Ne m’appelle plus « mon amour »

A l’ombre des métamorphoses,
là où mon cœur fait un détour,
qui que tu sois, laisse mes roses…
Ne m’appelle plus «  mon amour »

 

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