Je regarde mes mains…


 

Les mains du poète (Jean Cocteau), par Arno Breker
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J’ai posé mes deux mains bien à plat sur ma vie,
En fallait-il autant pour n’être plus personne
A l’endroit inécrit où plus rien ne frissonne,
Où le cœur se méprend de tout ce qui survit ?

Je regardais par-là – chaque lieu est un geste -
Espérant quelques mots, quelques petits regards
Sur mes deux mains blessées dont je restais hagard,
Sur mes piètres façons et ce peu qu’il m’en reste !

Je regardais – vois-tu – l’ombre des nostalgies
Quand on s’assoit le soir au pied d’un arbre mort,
Quand tout est, ici bas, souvenir ou remord
Et que, bien malgré soi, en cet endroit, l’on gît !

J’ai su d’autres façons d’aimer, de recevoir,
D’autres lieux mendiants, un matin de lumière,
Une nuit d’amour fou et son rêve éphémère,
Un regard éperdu, tout ce que j’ai pu voir !

J’ai su – me croirais-tu – toi qui n’écoute pas
La cage folledingue où l’on ferme des hommes,
Cet espace insidieux qui – à jamais - nous gomme
Et dont on ne revient sans le moindre faux pas !

J’ai posé mes deux mains bien à plat sur ma vie,
L’ombre du ciel encore évade des parfums
Je n’en saurai plus rien du début à la fin,
Je regarde mes mains… Elles n’ont plus d’envie !



Le 21 04 2007






vous écoutez: La Samaritana de Augustin Barrios Mangoré





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