Lorsque les cieux en paix.

 




Le long fleuve tranquille où s’en vont mes années,
quand bien même, souvent, j’y fus abandonné,
quand bien même la mort comme l’amour jetèrent
leurs ombres effilées dont je n’ai su que taire,
au fond de moi, la vie qui balbutiait quand même,
allez savoir pourquoi, en quelque aube : je t’aime ;

le long fleuve tranquille, à ses rives, dévoile,
parmi ces arbres hauts qui touchent les étoiles,
des éclats de soleil parfumés des mésanges
qui viennent, çà et là, comme le font les anges,
chanter leurs rêveries et me faire sentir
que les années passées ont bien été les pires,

et, qu’à présent, les plaies, les blessures, les hontes
sont là, ensevelies, aux mots qui me racontent.

Et je m’assois en paix parmi le monde en feu,
la souillure du cœur qui sombre, peu à peu,
au long fleuve tranquille où j’aime enfin la vie,
moi qui la regardais de mes sombres envies,
et je respire alors la nature et les hommes,
je pose mes yeux, là, je les vois, c’est… tout comme

une île parsemée de fleurs brunes ou blondes
qui embaument mes jours tout au long de cette onde
où filent mes années, à présent, singulières
des choses d’autrefois, des souffrances d’hier,
maintenant que le bleu du ciel apprivoisé
reflète dans mes yeux le goût de vivre… oser

m’étourdir, malgré moi et les plaies de ce monde,
m’enivrer aux regards de toutes les Joconde
et, par les vents grisés qui soufflent dans mes voiles,
goûter le bel instant qu’évoquent les étoiles
lorsque les cieux en paix, pour mon bonheur, essaiment,
aux instant de ma vie, ces choses qu’enfin… j’aime !

 

 

vous écoutez: Barcarola de Augustin Barrios-Mangoré.

 

Poésie Mon Amour