Je t'aime


 


 

illustrée par LUCIE DUCLOS


 

A l’infini de toi danse mon crépuscule
et dans tous mes silences épris de ta joie
toutes mes fièvres bleues de ton regard basculent
comme là sur le fil tremble le funambule
dont je suis, quelque part, cette ombre près de toi.

Je t’aime … au bord du ciel aux immenses couleurs
lorsqu’il ne tremble plus au bleu de l’océan
et qu’aucune ombre enfin ne dessine les heures
comme ne seraient plus ni la crainte ou la peur
à la vie de l’amour assoiffé et pressant.

Je t’aime … il est ainsi mon vertige, mon rêve
et de mes lieux défaits n’apprenant que tes jours
je renais, çà et là … un nouveau jour se lève
à l’horizon des mots dont je ne sais la sève
si ce n’est seulement ceux qui chantent l’amour.

A l’infinie lumière éperdue de ton corps
lorsque je ne sais plus ces mots là que je sème
d’un élan parsemé de toutes fleurs encore
quand ton aube partout à mon aube s’adorent
nos cœurs ne battent plus … que du plus fou « je t’aime ».


 

Continuez !





 

illustré par LUCIE DUCLOS



 

Continuez, je vous prie, l’idiotie magistrale
En laquelle nos jours sont noyés de vos leurres,
Cette imbécillité humaine et ancestrale
Où vous allez sereins parmi les vies en pleur !

Surtout ne changez rien, laissez courir les choses,
Déposez votre obole aux pieds des tourmentés,
Protégez vos raisons, vos consciences-névroses
Et ne songez surtout à la Fraternité !

Ah mais si – j’oubliais – vous y pensez quand même
En ces moments précis où l’on vous dit : « Voyez
Des Êtres de partout sont quelque peu bien blêmes…
Nous aider, c’est aider Ceux qui vont se noyer ! »

Ainsi vous y allez de votre petit geste
Et continuez vos lieux sur le même chemin,
Alors que les Pouvoirs, en offrant que leurs restes,
Pourraient bien soulager Ceux qui tendent la main !

Continuez, continuez cette machination,
Ce système qui veut qu’on ne résolve rien,
Que tous ces faux-semblants n’ont, pour toute ambition
Que, du Pouvoir acquis, d’assurer le maintien !

Ah j’entends exploser les bombes de l’outrage
Et le froid sur des corps assouvir des destins…
J’entends, j’entends, j’entends… Aragon, je m’enrage
Et je relis tes Mots dénonçant Ces Matins !

« Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade,
Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint »*
Mais chacun, ici bas, se soucie de son grade
Et la raison du monde au monde nous contraint !

Continuez, continuez… Je ne sais plus sourire
Et le ciel s’engourdit de ces adversités
Qui – croyez-le ou non – finiront par pourrir
Même vos petits droits aux mornes libertés !
 


*Jean Ferrat du texte Potemkine
 

 

Impromptue !
 

 

 


 

illustré par Lucie Duclos


 

Le Dieu qui nous regarde
Ne méconnaît nos hardes !
Nous allons des chemins inconnus et pourtant
Nous vivons, çà et là, ce que sont les instants,
Ces choses impromptues, étudi/ées d’avance
Et n’auront de reflet qu’à nos inconnivences !

Toute chose est probable et des riens la diffèrent,
Le Dieu qui nous regarde, écoute et laisse faire,
En nos mutilations, nos gestes éconduits,
Et nous ouvrons nos cœurs d’hier et d’aujourd’hui
Sur ce qui se hasarde
Où Dieu connaît nos hardes !

Nous voulons, nous voulons et nous exigeons même
Un petit coin de pluie, de soleil, un « je t’aime »
Etalé sur la route où nous n’irons jamais
Puisqu’il était écrit qu’autrefois je t’aimais
Et que dieu nous regarde
Où nous ne prenons garde !

Le reste de la vie n’est autre qu’imposture
Où le deuil et l’amour ont même signature,
Aucun de Nous ne sait ce que sera l’extrême
Au probable secret qui dirait : « je vous aime »
Et Dieu connaît ces hardes
Et toutes nos mégardes…

Je m’évade et m’obscure et même me surprend
Lorsque la pluie des mots me convient et m’apprend
Que l’ici gît blasphème une pauvre douleur,
Ce deuil incognito dont je ne sais plus l’heure
Et que Dieu se hasarde
A préserver mes hardes !


 

 

 


page suivante

 


le site de LUCIE




 

Les textes présents sur ce site restent la propriété exclusive de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être copiés, même partiellement, ni faire l'objet de transaction à but mercantile, selon les lois de propriétés d'auteur en vigueur (articles L. 335.2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.)

© Copyright 2002 ~ 2008 Tous droits réservés par Alain Girard

 


Poésie mon amour                    Poésie Mon Amour 2