Hommage posthume

 

à Mon Père

 

 

 

C’était un ouvrier …



Je me souviens d’un homme
Qui rentrait de l’usine,
Une bête de somme
Les bleus gras des machines …

Il épongeait son mal
Au vin du regrettable,
On le fit animal
Lui – son vin sur sa table –

Il taisait sa souffrance,
Sa révolte, sa honte …
Le beau pays de France
Ne lui rendit de compte

Là, lorsqu’il s’endormit
Après avoir offert,
Pour sauver sa patrie,
Son corps d’homme à la guerre.

Il ne voulut prier
Dans sa vie toute entière …
C’était un ouvrier,
Cet homm’ … c’était mon Père.

 

 

 

 

à Mon Père.
 


C’est là où tu mourus qu’on me donna la vie,
Là où j’ouvris les yeux que tu fermas les tiens ;
Est-il en quelque endroit une pareille envie
De respect pour un lieu que celle qui me tient ?

Est-il d’autres séjours dans l’espace et le temps
Où l’homme s’en alla au silence des rêves
Là-même où commencèrent ceux de son enfant,
Est-il un lieu, un lien, une pareille sève ?

Je ne sais si jamais je reverrai l’abri
Où l’odeur de la mort et l’aube de la vie
Se mêlèrent trompeuses, sans aucun détour,
Se mêlèrent les cris de douleur et d’amour ?

Peut-être qu’incertain, maladroit, équivoque,
J’irai traîner mes pas aux échos de la terre
Qui t’a enseveli, là-bas, où tout évoque
A mon cœur, aujourd’hui, ce que c’est qu’être père.


 


 


J'ai pris les armes pour mon Père.
 


J'ai pris les armes pour mon Père,
Non celles qu'on lui fit porter
Mais l' arme-mot, larmes à terre
Là même où on l'a déporté;

Il me souvient de son visage
Sortit d'un grand congélateur...
Vide, vide, vide mon âge,
Vide le temps et vide l'heure ...

Oh revenir, Oh te revoir ...
Dis-moi que l'aube est un miroir,
Dis-moi tout ce qu'il faut savoir
Dis-moi, dis-moi, dis-moi l'histoire ...

Oh dis-moi, maintenant, dis-moi
Comme là-bas il fait bon vivre,
Que tu n'as plus ni chaud, ni froid,
Dis-moi que je peux en survivre!

Oh l'encre est noire et l'aube blême,
Mais dis-moi, redis-moi quand même
Qu'il y fait bon là où tu dors
Pour que j'y crois, j'y crois encore

Qu'on se retrouvera bientôt
Sur les barricades du temps
Où tu passas ta vie ... photos ...
Se confondre ... rien qu'un instant.

 

 

vous écoutez:extrait de Improvisation de: Alain Girard

 

 

Poésie Mon Amour

 

 

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