A pas lents.

 




Dans l’immense irraison qu’est la vie, ici bas,
En cette étrangeté où se blessent les hommes,
Pour ces choses enfouies sous de nombreux combats,
Pour les Etres, partout, que d’un geste l’on gomme…

J’éteins cette lumière
Au bord de mon chevet
Et vers tout éphémère,
A pas lents, je m’en vais !

 Les coups bas, les injures, les machinations
Et du geste équivoque au « vas t en voir ailleurs »
Sans la moindre mesure, ni la réflexion
Je n’en veux plus savoir les grands échos railleurs,

J’éteins cette lumière
Au bord de mon chevet
Et vers tout éphémère,
A pas lents, je m’en vais !

Je ne veux cautionner celui qui injurie,
Tout au homme – au nom de quoi ? – dont la parole blesse
Ignorant – volontiers – la teneur d’un écrit
Pour le goût d’un pouvoir qui n’est rien que faiblesse !

Moi, j’éteins la lumière
Au bord de mon chevet
Et vers tout éphémère,
A pas lents, je m’en vais !

Je pourrais m’emporter, ne maîtriser mes mots,
Et cracher mon venin envers l’inacceptable
Mais je sais, ici bas, que chacun à ses maux…
Je tiens l’homme en respect et l’espère respectable !

J’éteins cette lumière
Au bord de mon chevet
Et vers tout éphémère,
A pas lents, je m’en vais !

Quand le ciel, sur les deuils, pose l’ombre du temps,
Là même où l’homme à l’homme, en l’orgueil, en tout lieu,
Se prête à l’imposture ou à l’injure autant,
Il méconnaît, sur lui, le Grand Regard… de Dieu !

Moi, j’éteins la lumière
Au bord de mon chevet
Et vers tout éphémère,
A pas lents, je m’en vais !


 

 

Comme un vieux désarroi.

 

 

 

Comme un vieux désarroi au milieu du tumulte
Où la vie bat son plein en ses adversités
Les jours rongent mes mots et le silence occulte,
A chacun de leur pas, leur propre liberté.

J’ai rimé, par la terre, des consonnes blessées,
Des syllabes de rien, des verves d’occasion,
Comme un vieux désarroi tout me pousse à laisser
L’écriture à sa vie, ma vie sans effusion.

Hier crut résonner les mots de mon histoire
En d’étroits souvenirs qui s’affolaient des vents ;
Aujourd’hui ne se tient qu’à trois sons de guitare
Dont la musique, en deuil, ne les sait émouvants !

Et l’oubli marque l’heure en des ombres pensives
Sur les murs présumés à quelque autre chanson…
Comme un vieux désarroi j’écris cette missive
Et, langoureusement, perd le goût des frissons.

De la pluie au soleil quel est donc le chemin ?
La ville, par de-là ma raison, m’emprisonne,
J’ai posé mon stylo à côté de ma main,
J’ai posé mon esprit loin de ce qui raisonne !

Comme un vieux désarroi qui engourdit le rêve,
En cet endroit encor, même étonné de lui,
Les jours n’écrivent plus, pour moi, la moindre trêve
Et mes pas, au soleil, font entendre la pluie !

 

 

Seul.

 




Seul…
Et j’entrevois, au ciel, des raisons de partir
Seul
En l’instant advenu qui déjà se retire
Seul
Où n’évoquer jamais, non jamais plus l’envie
Seule
à bousculer le cœur même éteinte la vie
Seule
Aux écrans des « vois-tu » je me suis éconduit
Seul 
En mes gestes de rien, d’hier et d’aujourd’hui
Seul
A tirer le rideau sur ce jour où j’écris
Seul
Et le silence et l’ombre et le pas de mon cri
Seul
En l’éclosion puérile des métamorphoses
Seules
étourdies par de-là le goût de toutes choses
Seules
dans les placards du temps empilées par mégarde…
Seul
Et moi, comme un mendiant, qui encor les regarde
Seul
A n’en vouloir ni l’aube, ni la nostalgie
Seule
En sa vieille inconduite qui, maintenant, gît
Seule
Au bord des « trois fois rien » comme des « plus que tout… »
Seul
A songer… çà et là : Je m’en vais… n’importe où…
Seul !


 

 

 

Poésie Mon Amour
 

 

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