Trois auteurs:

                         CHRISTIAN CALLY.        LUC ROSE.         ALAIN GIRARD.

 

un texte: Quatrains réunis.

 

 

 

 

 

Quatrains réunis

Depuis que pleur' la vie sur la route des hommes,
A chacun de leurs pas ses ailes déflorées,
Depuis, qu'en tous les temps, ils sont ce que nous sommes,
Nous ne saurons jamais, d'Elle, que son orée.
Alain

Nous humectons les yeux des cieux et de la terre,
Par actes ténébreux, indignes et sanglants,
Les âmes des défunts ne veulent plus se taire,
Ils hantent nos sommeils comme des revenants.
Christian

A force de croquer, croquer dans cette pomme
Nous n'en savons goûter le pulpe de sa chair
Nous n'en savons humer son parfum son arôme
Et périssons ainsi par le feu ou le fer
Luc

Et la brise des morts nous souffle dans le dos,
Le regard éconduit nous cherchons la lumière
Des siècles en labeur ont écrit ce credo:
"Vous vivez pour mourir, vous êtes éphémères"
Alain

Tous ces morts sans raison ajoutent leurs venins,
Aux heures du réveil, de l'aube au crépuscule,
La brume de la guerre assombrit les chemins,
Des sommeils étouffés par l'âpre canicule.
Christian

Dans ce combat sans fin nous sommes égarés
Mais suivons le chemin n'en connaissant pas d'autre
Trop de lumières ne peut qu'opacifier
La route si frêle qui est pourtant la nôtre
Luc

Elle s'enfuit toujours vers l'horizon en feu,
Là même, où, singuliers, se lamentent nos frères
Dont les enfants perdus prennent pour nouveau jeu,
La nouvelle existence écrite par la guerre
Alain

Ces corps déchiquetés par des chefs sans scrupules,
Ont atteint, sans raison, leurs tristes crépuscules,
Ils n'ont plus de demains, dans leurs calendriers,
Car la mort a vidé, très tôt, leurs sabliers.
Christian

Dans le son du canon, et les pleurs de nos mères
Toujours nous nous dressons poursuivant notre quête
Persuadés qu'au bout, dessus les ornières
Nous connaîtrons le goût de la noble conquête
Luc

Épris, nos coeurs voudraient la douceur et la joie
Pour Tous Ceux qui n'ont rien et que les riens inondent
Lorsque en ce monde en nuit où s'éveille parfois
L'Espoir de mots juchés sur les ruines du monde
Alain

Où fleurirait alors, tel rose trémière
Un étendard unique aux poignets des vivants
Porteur de demains dont nous serions fiers
Et qui ne sèmerait que des rires d'enfants.
Luc

 

       

vous écoutez: le Largo du Concerto en D majeur de Antonio Vivaldi.

Poésie Mon Amour