Sous un pont...

 

J’habitais sous un pont, un bon vieux pont modeste,
Pas le pont Mirabeau, ni le pont des Soupirs,
J’avais installé, là, de ma vie quelques restes
Et je songeais souvent : «  te plaint pas tu respires »

Le printemps puis l’été glissèrent leurs couleurs
Dans le reflet des eaux qui coulaient lentement,
Je perdis doucement toute notion des heures
Malgré la vie, là-haut, sur le pont tout tremblant ;

Lorsqu’il fallut trouver la premièr’ couverture
Quand les nuits lumineuses se firent plus fraîches,
Elle me fut offert’ par des gens … sans injure …
Et je m’y réchauffais quoiqu’ell’ fut un peu rêche.

J’avais tout sous mon pont, seuls me manquaient les Êtres
Que j’avais connu, là, en d’autres jours lointains …
Qui sait de tout cela où il eut fallu naître
Pour ne pas arriver à de si froids matins ?

Les sirènes crissaient dans la nuit de Janvier,
Tout était blanc partout les murs et les lumières,
Moi je n’avais rien dit, je n’avais rien envié …
Quand quelqu’un murmura : «  Dieu entend les prières »

Oui je sais bien cela, je savais bien ce Dieu
Mais tout était si blanc, si chaud, si différent
Que je laissais aller, juste en fermant les yeux,
La vie à son histoire dont le noir, là, me prend.


 

 

 

Poésie Mon Amour

 

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