Quelque part, la vie.
 

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Le 18 Février 2004

 

                   Il fait déjà sombre. Faut-il penser plus loin que le peu de lumière ? Que sa propre lumière ?

                  Sur le toit la pluie déverse des chagrins. Rythme du temps des hommes à rencontrer l’histoire. Je n’éveille pas mon cœur, pas maintenant, tout est fait d’humide obscurité. Le silence tient son jour, rien ne l’indispose. Pas même cette pluie, la grisaille aux fenêtres. Dans la rue, en contrebas, les rares silhouettes baissent la tête sous les parapluies du destin.  Où va-t-on ? Et pourquoi ?

                  Je me posais déjà ces questions, leurs réponses ou leurs piètres échos ne me sont parvenus. J’éveillais pourtant mon cœur. C’était autrefois dans l’illusion, son attente et sa désinvolture. Est-il encore un bruit, un petit lieu commun qui me ferait vouloir un pas vers l’inconnu ? Si je l’attends, je n’y crois guère. Il pleut sur le toit et les chagrins dégoulinent dans les gouttières des vies rangées.

                   De l’autre côté du mur j’ai perçu quelques bruits. L’on vit par-là. Pour qui ? Pour quoi ? Pourquoi ce bruit maintenant que la pluie bat la fenêtre ? N’est-il assez de ce deuil d’eau que les rideaux n’essuient ?

                   Les bruits sont souvent des paroles mal entendues. J’y prête attention mais la pluie redouble. J’ai redoublé quelquefois, quelque endroit, cela ne changea rien. Pleuvait-il ? Le jour était-il sombre ? Quelques bruits, de l’autre côté du mur, m’interpellaient-ils ? Il est bien peu probable que je puisse répondre.

                   Nous sommes « aujourd’hui » la date est claire. Je n’en attends rien. Hormis l’éclaboussure de ma vigilance sur le parquet de mon attente. J’ai bien regardé. Ecouté les bruits. Entendu la pluie. Il fait si sombre à présent que j’ai mal au cœur. Je me détourne des bruits de l’autre côté du mur, la fenêtre est noire. Je ne sais depuis combien de temps je suis ici, mais j’ai froid aux pieds.

 

 

Le 19 Février 2004

 

                   Le froid tombait sur mes épaules. J’ouvrais les yeux. Le réveil semblait dire :  « bouge-toi ». Je croyais qu’il avait compris le peu d’importance que j’accordais à l’heure. Il est vrai qu’il m’avait connu plus matinal, plus occupé. A présent je ne me démènerai que pour l’écriture et la musique. Ni l'une, ni l'autre n'a souci de l' heure. Le reste ? Tout le reste je ne l’aborderai pas.

                    Un peu de bruit dans la rue. Mais pas ceux de l’heure fatidique. L’heure où chacun - décroché de son réveil pour mieux se maintenir à sa montre - sort vers sa besogne. J’ai bien compris que je n’irai plus m’accrocher à ma montre. Il n’est besoin qu’on me le redise.

                    Le noir du café contraste avec la pâleur du ciel. Je cherche un peu d’élan, un peu de goût pour commencer cette journée. Elle ne sera sans maux, ni sans mot.

                    Je m’apprête à la traverser, espérant beaucoup de silence car je dois sortir. Vers le soir cela ira mieux. Le blanc des murs contrastera avec le noir du ciel.

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