Le 11 juin 2004.

 

                  Toutes ces pages écrites, depuis le 18 février, s’accumulent. Je me suis autorisé à cette écriture, ignorant ce qui, chaque jour, guiderait ma plume. Ainsi en est-il encore en cet instant. Certains jours je songeais qu’un fil conducteur se dessinait à mesure des mots, des réflexions, des événements. C’est bien possible, mais je ne parviens plus à le percevoir. Je ne me suis menti, ni n’ai menti à personne. Pourtant je m’aperçois qu’à me raconter ainsi, je peux blesser un Etre. Ces pages évoquent des moments, de ma vie, passés, révolus.  Le présent n’y a trouvé sa place. Ainsi m’approchant d’aujourd’hui, à chaque page écrite,  cette histoire se perd dans les méandres des incompréhensions.

                  Je ne sais comment aborder cela, aussi je vais relever mon stylo, quelques temps. Peut-être, un jour prochain, pourrai-je aller plus loin.

 

… à suivre, peut-être.

 

  

Le 15 Juin 2004.


Qui s’octroiera le droit ?



J’avais les vers blessés et ma prose fébrile,
je tremblais du stylo dans mon antre puérile
où, pour quelques éclats de vie jetés dans l’ombre,
tout au long de mes jours, j’avais eu le cœur sombre !

C’était mon arme au poing cette plume, défaite
maintenant qu’on me dit : ces choses sont surfaites,
tu n’écris pas vraiment – rigoureux – ta présence
sur cette terre en pleur où toujours tu t’offenses !

Mais quel est donc ce lieu où l’on ne pourchassa
ni ma verve, ni l’homme… à genoux le forçat
et contraint à redire et redire la laideur
ainsi – qu’au moins – un mot dissipe la froideur

de ce monde exalté par l’arme qui mutile,
et qui ôte la vie et que l’on dit utile ;
mais regardez, le soir, les âmes affligées
tout autour de la terr’ demie désagrégée !

Et qui pourrait me taire et qui donc me taira
lorsque mon écriture n’ouvre plus les bras
à ceux qui passent là, souriant, satisfait
de leurs bonheurs succins, de leurs petits effets ?

Lorsque je m’interpell’ pour Ceux restés dans l’ombre
et, qu’aux autres, ma vie n’offre que des décombres,
lorsque les mots fleurissent contre l’imposture
qui s’octroiera le droit de tair’ mon écriture ?


 

   page précédente                                                                           page suivante

Poésie Mon Amour