Supplique

 

 

Le 15 novembre 2005

à ma sœur Françoise

Pour ses souffrances.

 




Supplique.

 



Épargnez-moi la vie, je ne demande rien
Comme autrefois ma route au chemin des vauriens,
Comme tout ce silence à jamais retenu,
Épargnez-moi encor d’apprendre l’Être nu !

L’histoire ne s’écrit qu’au gré du crépuscule
En l’esprit avançant de ce pas qui recule
Lorsque l’on croit savoir ce qui n’existe pas
Et qu’à chaque matin l’on fait le même pas !

L’histoire c’est : tes yeux, ta silhouette, l’or
Au soleil entrouvert du petit jour et, lors
Du passage du temps sur l’aube de la vie,
C’est, mon genou à terre, à l’ombre d’un parvis.

Épargnez-moi partout, épargnez-moi la rose
Et l’éclat, au soleil, de son parfum qu’arrose
Une bruine fébrile et, doucement, légère,
Épargnez-moi l’amour car, depuis longtemps, j’erre…

Ici et là de l’ombre à l’ombre médusée
Dont nulle vie, jamais, ne s’est tant, tant usée,
Épargnez de la mort cet Être que j’écoute
Depuis tant de saisons et tant de mise en doute !

Épargnez Celle-ci, épargnez Celui-là
Quand ma rage de vie n’atteindrait l’au-delà
Et quand, dans la souffrance et la honte de vivre,
Je ne sais, pour chacun, ce qui le rendrait libre !

Laissez, sous ce tilleul où je vivais enfant,
Mon cœur se reposer, là où l’arbre défend
Mon fragile, mon peu, ma verve retenue,
Laissez-moi, je vous prie, épargnez-moi les nues !

 

 

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