Toi, qui comme un clodo…
 

 

 

illustré par Brigitte FOSSEY

 



« Je sais qu’il fera beau le jour où je mourrai »
J’avais écrit ces mots, quelque part, sans regret,
Un matin ou un soir sur la route du temps…
Il ne me souvient plus quel était cet instant !

Il ne me souvient pas de l’orage écarlate
Où balbutiait ma vie d’écrits en coups de latte ;
Où le peut-être peu, où le peut-être bien
S’étonnait – malgré tout – de la mort qui dit : « Viens ! »

« J’aime à te regarder depuis tant de soupirs,
Toi qui connais le peu, l’improbable, le pire ;
Toi qui me vis en face et négocia au ciel
Ton ombre sur la vie même pestilentiel ! »

« J’aime que tu ne sois ni amour, ni passion,
A peine résolu à tes révolutions
Dont – toute chose ici – n’agrée leurs importances,
Toi qui, comme un clodo, recherche sa potence ! »

Je sus qu’il ferait beau le jour où je mourrai
Un matin d’autrefois, une nuit en secret ;
Je ne devinais rien, j’écoutais mon histoire
Aux galbes de mes mots, sur ma piètre écritoire !

Le jour, qui basculant aux pénombres du rêve,
Où la nuit incendiée, ne me laissaient de trêve,
Ils évoquaient mon nom à la faucheuse blême
A laquelle je dis – très simplement – « je t’aime ! »

 

 

Attention quelqu’un tire.
 

 

 

illustré par Brigitte FOSSEY


 


Je ne vous écris pas, vous êtes terre à terre
Enfermés en vos lieux aggravés de mystère
Ébahis, florissants de jours malencontreux
Où la vie va ses lois… soi pour vous, soi contre Eux,

Eux qu’on « retrouve au soir désarmés incertains * »
Ces Êtres d’autrefois habillant mes matins
De leurs plaies évoquées en luttes ouvrières
Et quel que soit demain, je me souviens d’hier !

Vous n’étiez en ces jours, comme aujourd’hui d’ailleurs,
Que des gestes éteints par leur propre frayeur,
Vous avez méconnu les larmes aux grenades…
Vous ignorez les lieux dont les hommes s’évadent

Lorsqu’il faut résister, combattre et s’investir
Contre les oppressions… Attention quelqu’un tire
Là, de cette fenêtre où la vie dévêtue
Ne sait celui qui meurt… Ne sait celui qui tue !

Vous divaguez partout où la laideur n’est pas,
Partout, en ce vieux monde, où l’on peut faire un pas
Presque ressuscité de vos souhaits posthumes
Mais la mort s’en viendra sur vos propres bitumes !

Ne vous y trompez pas les plaies mornes, le deuil
Connaissent, par ici, de chacun, chaque seuil
Où je n’écrirai plus quand fleuriront les bombes
Sur nos propres maisons… Allez, creusons nos tombes !




*De : "Il n’y a pas d’amour heureux." Louis Aragon

 

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