2008 les Mots de mon chemin.

 


Où j’ai compris, tout bas, que nous devons nous taire !




J’écris sur les pavés
Que piétinent vos jours,
Vous qui croyez rêver
De « jamais » en « toujours » !

Je dessine des mots d’aquarelle en « je t’aime »
Un petit de rien de vie qui se croit un poème,
Et j’écoute et je sens le songe qui vous sied
Sur les trottoirs du monde, en ces jours où, d’un pied

Et puis de l’autre aussi j’avance, balbutiant,
Vers des lieux inconnus, vers des lieux inconscients !
Je suis la flamme en vie qui ne brûle jamais
Et dont les jours perdus ne savent qui j’aimais !

J’écris sur les pavés
Que piétinent vos jours,
Vous qui croyez rêver
De « jamais » en « toujours » !

La ville, çà et là, étourdit l’inconduite
Et je ne sais jamais, vraiment, ce que vous dites !
Il faut bien des trottoirs où l’on voit disparaître
Un Enfant, une Femme, un Homme à sa fenêtre !

Il faut bien des labeurs, des « peut-être, vois-tu »
Des « je sais, tu m’as dit : qu’ici bas, tout, l’on tue ! »
La négation n’est rien face à toute ignorance
Et la vie va vos grés de vos propres errances !

J’écris sur les pavés
Que piétinent vos jours,
Vous qui croyez rêver
De « jamais » en « toujours » !

Dans l’étrange poubelle où j’ai glissé ma vie
Le monde me regarde et de moi se dévie !
Son ombre est une plaie sur les pas de vos jours
Et mon cœur est en pluie lorsque se tait l’amour !

Il faut bien des années, bien des pas, bien des gestes
Pour ne laisser mourir celui qui est en reste
Et tellement, dit-on, de courage en ce monde
Où chacun sait, tout bas, le tout bas de l’immonde !

J’écris sur les pavés
Que piétinent vos jours,
Vous qui croyez rêver
De « jamais » en « toujours » !

Et d’un vieux soubresaut, évoquant ma rengaine
Eludée, trop souvent, par quelques vieilles haines,
Je vous regarde encore épuisés, défaillants
Comme le ciel nous dit le passage des ans !

J’ose vers vous un pas, un geste à l’écritoire
Une immense irraison où se meurt cette histoire
En vos mains, en mes mains ! L’histoire de la terre
Où j’ai compris, tout bas, que nous devons nous taire !

J’écris sur les pavés
Que piétinent vos jours,
Vous qui croyez rêver
De « jamais » en « toujours » !

 

Mourir de froid.



Quémander sa pitance
Aux restos des rues blêmes
Lorsque la nuit agite
Le froid des tombes entrouvertes
Un œil sur les talons
Des Etres sans regard
Qui vont, qui vont, qui vont
Ignorant qui s’égare,
Qui s’en va, qui demeure,
Qui sera encor là
…Demain …
Sur les trottoirs des degrés hivernaux !

Boire au gré des tumultes
Et se sentir
Au loin
Endormi
Vieilli
Souillé
Ignoré !

Les pitances quémandent
Un Homme au coin des rues !

La vie de vos terreurs
Evoque cette peur
De mourir
De FROID !

 

Comme, comme, comme…




D’un jour à l’autre on est personne
Au trottoir frileux des instants,
Comme, comme, comme pourtant
La vie, là-bas, encor raisonne !

Tu me dis : « Tu », tu me dis : « Vous »
Aux souvenirs des incompris
Comme, comme, comme surpris
Le temps, là-bas, encore avoue !

Vieillis, aux branches des passions,
A l’exiguë des anxiétés
Comme, comme, comme à moitié
Les regards sont hésitation !

La ruelle des rien-du-tout
S’étouffe même de grands vents
Comme, comme, comme souvent
On est un peu soi, n’importe où !

Je te le dis, tu me regardes !
A vivre on n’y voit plus grand-chose
Comme, comme, comme les roses
Ecorchent les doigts par mégarde !

Je reviendrai ! Il pleut des fleurs
Sur le chemin des petits lieux
Comme, comme, comme à mes yeux
Le froid souvent glace mes pleurs !

D’un jour à l’autre tout s’efface
A trop regarder ses « vouloirs »

Comme, comme, comme au parloir
D’une prison où le temps… passe !
 

 

L’alentour.



dédié à Tous Les Enfants



Le soleil dansera, rivage de mes jours,
Sur l’étang des douceurs où naissent les beautés
Des illusions perdues, des « je t’aime à toujours »
Le soleil dansera l’aube des libertés !

Sur la rive mouillée des vertiges éteints
Comme à n’entendre plus ce qui meurt ou s’oublie,
Comme à ne plus savoir de la nuit, le matin,
Le soleil dansera pour des cœurs que tout plie !

Dans le jour défardé des brumes insidieuses
L’amertume du temps taira sa raison d’être,
Aux sommets, la montagne étourdie, précieuse,
Le soleil dansera et tout pourra renaître !

Rien, jamais plus, n’ira sur l’homme déposer
Les fardeaux, le morbide et la pluie sa douleur,
Le soleil dansera sur les fleurs en rosée
Doux comme il est si bon d’éteindre tous les pleurs !

Ce sera, ce sera Demain et puis Demain
Et puis Demain encore entre vos doigts blessés,
Un soleil, une vie, les détours, les chemins…
Ce sera, ce sera comme on tait le passé,

Un oiseau défaillant, un homme sans passion,
Une femme grisée, un enfant de l’amour
Qui écrira, pour Nous : «  Tout est révolution »
Au soleil où vos pluies ont tué l’alentour !
 


 

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