Le revers de la veste.


 



 


Négocier par-dessus le revers des médailles
Que vous accrochiez, là, sur des vestons posthumes
Et les mots comme l’homme où qu’il soit, quoi qu’il vaille
En sa vie, en sa tombe au gris bleu du bitume ;

Négocier vos pouvoirs, négocier nos exils
Et toujours, oui toujours finir en aparté
Ou, pour certains de nous, simplement à l’asile
Lorsque vous distribuez l’ordre des Libertés !

Négocier ? C’en est fait ! S’exiler cela va…
J’écris mes Mots sur l’or du soir en demi-teinte
Lorsque les plaies des cœurs et puis les cœurs sans voix,
A l’horizon des vies, par tous les échos, teintent !

Oh je lis les Poètes, j’écoute leur chant
Et mon âme s’éprend de leurs superbes rimes…
Il est au fond des villes comme au fond des champs
L’écrivain d’aujourd’hui ignoré… c’est le crime

Ajouté à ces meurtres patentés des lois
Dont vous usez, bien sûr, autant qu’il est possible,
Mais le Poète n’est pas cet arbre qui ploie
En feriez-vous encore une nouvelle cible !

Négocier, négocier et puis … Rester bredouille,
S’en aller sur les routes des Mots interdits
Tant que vous détiendrez, comme de vraies fripouilles,
Et le pouvoir sur l’homme et l’homme en ses non-dits !

C’est tout ce qu’il nous reste ?
A moins d’encor narrer
Le revers de la veste
Que vous retournerez !


 

 

Poésie Mon Amour

 

vous écoutez: Otono Porteno de: Astor Piazzola