Imagine la vie…

 







La vie rit de partout, je l’ai vue dans un coin
toute belle au soleil mais calculant les points,
ceux qu’on gagne ou qu’on perd à l’entrejeu des jours
lorsque l’encor s’éplie aux déplis des toujours ;

lorsque je ne suis rien au quelque peu des heures
comme à l’horloge en pluie ne sonne le bonheur,
comme à ma propre paix la paix ne s’affectionne,
comme le lionceau au ventre de la lionne

pleure ou tète joyeux – son regard magnifique -
dans la jungle du monde ou les jours chimériques,
lorsque je dis tout bas : « Eteins donc le soleil »
et que je trouve encor des mots qui m’émerveillent,

bien que passe le temps, bien que l’aube s’éclipse
et mon incognito comme une apocalypse
sur la verve endormie de mes profonds tourments
balbutie : « Il est tôt… Ce n’est pas le moment

de partir au-delà… l’heure est à l’inconduite,
tu songes dans la foi, tu dois écrire et vite…
éveille ton silence et ton rêve assourdi,
tout ce qui parle en toi et que tu n’as pas dit,

viole les crépuscules brumés d’hécatombes,
pense fort et retire ce pied de la tombe,
imagine la vie défaite des douleurs
et qui sonne à nouveau, de ta naissance, l’heure ! »






 

vous écoutez: Cello Suite N° 6 (BWV.1012) Prélude
de Johann Sebastian BACH

 

 

Poésie Mon Amour