Sur la vitre du temps.



 

       




Je sais bien qu’ils sont loin et ne reviendront plus
sur cette route ici où déjà il a plu
bien des fois en des jours de bien d’autres silences,
bien des pluies sur le cœur comme une nonchalance,

et la rive embrumée où mon regard se pose
de cette vie ourdie dont plus rien ne repose,
de cette rive-vie, de cette vie-rivage
ne sait, de leur absence, que l’instant de l’âge

où l’on ne compte plus les lointains, les espoirs
d’entendre, ici où là, le gré de leur histoire
lorsque, si loin – déjà – à n’en pas revenir
leur silence, à ma vie, dessine l’avenir.

Je sais bien, je sais bien mais sauront-ils un jour
que le cœur cherche en lui sa rime avec toujours,
et s’il ne sait son lieu, et s’il n’a sa présence
la rime ne dira les mots vraiment qu’on pense ?

Et dans l’hiver au givre des oublis certains
sur la vitre du temps il fait froid le matin ;
sauront-ils où savoir ce que je sais parfois
aux nuits de mes prières, pour Eux, dans ma foi

lorsque je sais qu’ils sont si loin, si loin de moi,
ces Enfants dont ma vie n’eut pour Eux qu’un émoi,
une seule passion, un unique poème
écrit à l’unisson d’un profond… «  je Vous aime.»


Le 25 12 2003

             
                      vous écoutez Asturias (Leyenda)
                    de Isaac ALBENIZ  
 

                  Poésie Mon Amour