Les Mots pour Vivre.


poèmes
 


Alain Girard


Je suis heureux de vous présenter les premiers vers de mon prochain recueil
qui comprendra environ quatre vingt cinq textes. Je cherche, bien entendu, un éditeur pour ce recueil mais également quelqu'un qui voudrait en écrire la préface. Pour cela vous pouvez m'écrire ici:

 

 



Biographie

« Là où les Mots se posent l’homme s’ouvre à la vie » A.G.

Depuis mes premiers vers jusqu’à aujourd’hui, j’ai voulu
déposer mes Mots partout. Ecrire l’amour, les blessures
de l’homme, dénoncer ce qui – quotidiennement – sur les
rivages de nos vies, détruit, meurtrit, violente « les droits
de l’homme ». Je poursuis cette route, persuadé que les Mots
peuvent unir Ceux qui sont éloignés, Ceux qui sont égarés,
Ceux qui subissent ce monde et, le temps passant, qui ne
voient plus d’issue dans la laideur des jours. Je crois que
la Poésie est éternelle et qu’elle portera toujours les plus
beaux cris, les plus profonds silences.

 Alain Girard


 

 

Au long de mes errances.



Mais quelle est cette muse encor qui me suggère
En ses secrets, des mots qui, au petit matin,
Auront froid, auront faim… Elle la passagère
Et mutante et divine en tous mes incertains ?

Qui la veut, qui la sait ? Je l’offre. Elle me vide
Et mes songes souillés ne m’appartiennent plus !
Mon cœur, en sa forêt, fut autrefois avide
Elle en a fait le tour et le voilà exclus !

Elle pousse ma main et m’insinue le verbe
En un sourire étrange et gracieux et câlin,
Elle irait – s’il le faut – cueillir la mauvaise herbe
En toutes les saisons pour mes mots orphelins !

Je lui jette la pierre et je lui crie : « assez »
Laisse-moi, en ces jours, je voudrais n’être pas
Celui que tu conduis des demains au passé,
Je voudrais être seul… Et mes mots sous mes pas !

Puissent éclater, là, où s’égraine mon âge,
Dans le feu, dans le froid de la grande ignorance
Et ces mots, et ces mots qu’une muse, en voyage,
A posés, par hasard, au long de mes errances !



page 1

 


Le plus beau jour du monde.



Eteint, des vieilles nuits ou des jours dévastés,
Le cœur, au bord des yeux, ne tient plus qu’à un fil
Et ses pauvres passions, sournoisement, défilent
En des riens édictés.

Le plus beau jour du monde, en sa lointaine errance,
Embroussaillé des deuils, éclaté d’amour fou,
Balance à quelque branche ainsi que le bafoue
Cà et là… la souffrance.

Quel est donc ce regard qui s’est enfuit si loin,
Si loin qu’il n’ait plus d’or, ni la moindre lumière
A l’horizon larvé de brumes éphémères
Où l’on devine un point ?

Et, par-dessus le temps qui galvaude les âges,
Et cette immensité tout autour de l’absence
Quel est donc ce chagrin et cette nuit des sens
Qui hantent le voyage ?

Quel est ce petit lieu griffé de ronces vertes
Comme des chapelets à ne savoir prier,
Et ce cœur endormi qui ne sait plus crier
Tant sa plaie est ouverte ?
 

page 2

 


A l’ombre de mes vers…



A l’ombre de mes vers où mes songes s’épuisent
Chaque jour, un peu plus, lentement me séduisent
Ces choses d’outre vie qui mènent nulle part
Et font qu’on ne sait plus… d’où l’on vient… où l’on part !

Ces choses – malgré soi – qui parcourent l’esprit
Lorsque, bien trop souvent, l’on n’a été qu’un cri
Sur la route des jours où vieillit ce qu’on pense…
Ces choses d’ici bas qui mènent à l’errance !

A mon clavier les mots exhibent, chimérique,
Quelque ancienne chanson, quelque douce musique
Et, par de-là le temps, outre la nostalgie,
Les mots, sur mon clavier, c’est aussi moi… qui gis !

J’apprenais, çà et là, l’importance de vivre
A toujours, un peu plus, m’étonner pour un livre,
Une chanson d’amour, un rêve, une mésange
Etourdie, passagère… aussi belle qu’un ange !

J’apprenais, j’apprenais… Le monde se souvient
Comme il est malaisé de n’être plus qu’un rien,
Comme il est, chaque fois, toujours plus aberrant
De se sentir éteint sans même être mourant !

Et je vais, par les rues, étonné qu’au soleil
Mon ombre, sous mes pas, demeure un peu pareille
A celle d’un vieux chêne où l’on aurait gravé,
Au couteau des amours, des cœurs désapprouvés !

Je vais, qu’importe l’heure et sa mésaventure,
En quelque lieu de mots, en leur propre sculpture,
Apprendre, encore un peu, mes rêves à l’envers,
Ecouter mes chansons… à l’ombre de mes vers !
 

page 3

 


Histoire.



Et puis j’ai vieilli…
J’ai regardé le ciel illuminé d’amour
En ses moindres détours embaumés des parfums
Que, d’une main, l’on tient quand l’autre est de velours
Pour le cœur un peu lourd qui sent venir la fin.

Et puis j’ai failli…
Je devinais l’histoire au fil de mes sanglots,
Ici même les flots en pluie des au revoirs
Lorsqu’à ne plus savoir, de la mer, son îlot
L’on chemine bientôt sur les quais sans se voir.

Et j’ai recueilli…
J’allais vers d’autres cieux le regard évidé
De toutes mes idées, autrefois, silencieux…
Comme j’aime ces yeux, au bord des miens, ridés
Dans la glace grisée… O si doux, si gracieux !

Et j’ai tressailli…
Je m’en vais sur la route au bord de l’inconnu
D’un pas que méconnut ma vie à son écoute
Lorsque l’aube du doute, en elle, me sut nu,
Et qu’à l’orée des nues l’esprit, du cœur, s’envoûte !

Et je rejaillis…
Je dessine l’étrange et la métamorphose
Du bout des doigts, si j’ose, le galbe d’une orange,
La courbe qui se change en l’ombre d’une rose
Et ce parfum que pose, en mes secrets, les anges.


page 4
 

Insomnie.



La nuit tend vers le jour, à présent, ses bras nus
Et l’on perçoit déjà quelques pas dans la rue,
Ces bruits à ne savoir si l’on entre ou l’on sort,
Si c’est le jour qui naît ou la nuit qui s’endort !

Et je laisse un instant mon livre à mon chevet ;
Il semble tôt encor mais chacun dit : « je vais,
Ici et là, prévoir la nouvelle journée »
Chaque être, chaque jour se veut à nouveau né !

Les yeux me brûlent trop pour poursuivre mon livre
Et l’insomnie, vaincue, m’a presque rendu ivre ;
Il faut m’étendre un peu bien que la vie commence,
Il faudrait que je dorme en une nuit immense !


page 5
 

Où l’on a enterré.



Le soir interdisait d’entrouvrir ses blessures,
Son ciel avait, par-là, quelques fausses questions ;
L’on ne pressentait rien, à peine la morsure
Où s’est meurtrie la vie de belles intentions ;

L’indifférence exquise où l’on s’est réfugié,
Comme un dernier repaire ébruité des silences,
Evoque des secrets dont serait affligé
Le cœur s’il eut encor quelque peu de présence ;

Mais le ciel est en feu des verves éconduites,
L’on y entend la voix des hommes fatigués
De n’avoir su, aux mots, offrir la moindre suite
Et de n’avoir passé la douleur à son gué ;

A l’autre bout des temps n’est plus que l’improbable
Et le soir, endormi aux incertains détours,
Interdit d’entrouvrir les pavés sous le sable
Où l’on a enterré, du monde, l’alentour.


page 6

 

A l’Ecriture.



Et la vie passerait en ses bleus singuliers
Là, sous un ciel de mots, de pleins et de déliés,
Tel à mon cœur l’espoir des consonnes qui tremblent
Et la voyelle infime en des mots que j’assemble.

Et les petits matins et les nuits, doucement,
M’offriraient à l’Ecrit comme un nouvel amant,
Et glisseraient les sons entre mes doigts câlins
D’un adagio de mots féminins, masculins.

Eblouir, étonner, s’offrir à l’Ecriture
Telle, du fond du cœur, le fond de sa nature,
Lui rendre cet amour et ce bonheur extrême,
La rencontrer, par-là, pour lui dir’ : « je vous aime. »

Et ne plus rien laisser à l’horizon du songe
Se perdre en l’éphémère de tout ce qui me ronge
Et l’amour et la peur et la méconnaissance,
Offrir à l’Ecritur’ le moindre de mes sens !

O mon cœur laisse aller toutes tes démesures,
Que le vers s’irradie aux fièvres de l’azur,
Et par-dessus le rêve et par-dessus ma vie
Et par-dessus l’amour et mes folles envies

Donne aux mots la tendresse et le baiser d’orage,
Oubliant chaque fois les craintes de ton âge,
Et puisse, par ces jours entachés de douleurs,
L’Écriture, en son lieu, éteindre quelques pleurs.


page 7
 

Ou j’écris, ou je meurs !



Sur les bords incertains de ce monde-poubelle,
Après avoir cherché, en la vie, quelques fleurs,
Après avoir été et croyant et rebelle,
Un homme, parmi Vous, et qui se fait la belle
Ou j’écris, ou je meurs !

A trop y regarder, à trop Vous voir en face
En vos rues dépouillées, moi le piètre rimeur,
Et parmi vos déchets et, surtout, quoiqu’on fasse
Et pour l’Art ou l’Amour qui, bien sûr, vous dépassent
Ou j’écris, ou je meurs !

L’incognito convient à celui qui dérange
En ayant simplement voulu être semeur
De mots, ici et là, pour que la vie s’arrange
Et que l’on ne tue plus ni l’homme, ni les anges…
Ou j’écris, ou je meurs !

Il était un chemin de jeunesse étourdie
Aux premiers pas du jour dont j’aimais la rumeur
Mais vite Vous avez désorienté, dédit
Mes grandes illusions et, tout bas, je me dis :
« Ou j’écris, ou je meurs ! »

Sur les bords éconduits de Vos vies ancestrales
Puisqu’il naît, chaque jour, de nouvelles tumeurs
Que l’on entend partout, en chaque homme, le râle
Et que le monde encor glorifie vos morales…
Ou j’écris, ou je meurs !

page 8
 

Je me sens presque nu.



Il est bien trop de « je » en mes mots écarlates,
Bien trop souvent mon cœur ouvert à l’inconnu
Et ma verve en devient des plus indélicates
Je me sens presque nu !

Du soir, élucidé par quelques faux-semblants,
Par quelques petits lieux, aux matins inconnus
Sur la route des Mots étouffés ou hurlants
Je me sens presque nu !

L’automne qui s’en vient aux grisailles du ciel
Bien que j’aime, en ses lieux, les couleurs de ses nues
N’éveille en ma douceur, ni l’altruisme ou le fiel…
Je me sens presque nu !

Impossible chemin que ces vers élagués,
Que ces songes en « je » qu’une étoile insinue
Et par cette rivière, à n’en savoir le gué,
Je me sens presque nu !

Sur les chemins du temps, au temps-métamorphose
Et les sentiers pourtant tellement méconnus
S’effeuillent mes écrits, comme éteinte la rose
Je me sens presque nu !

Il n’est plus d’horizon à peindre les couleurs
Dont le rivage en feu me serait survenu,
Je n’ai plus que mon « je » plus que lui comme un leurre
Et je m’en sens bien nu !

page 9
 

Et la vie va son ombre.



Le soir, en sa demeure, un poète vacille
A prétendre des mots presque éteints, comme brille
Une divine étoile éclatée dans les cieux
Par amour, par folie qu’il écrit… Silencieux !

Le geste est maladroit et la pensée sauvage,
A l’encre bleue du temps il dessine, voyage
Une aube millénaire, écarlate et rêveuse
Où chacun – méconnu – découvrirait, pieuse

Une petite étreinte, un « quelque rien du tout »
Suffisant à refaire, en la vie, ses « partout »…
Ses « inégalement je suis en apostrophe
Entre la vie d’ici et celle de mes strophes ! »

Je suis… Le soir étreint mon poétique rêve
Où, vaguement, s’en vient la douceur d’une trêve
A n’écrire plus rien qui me pèse ou me coûte
Et c’est ainsi ma vie et c’est ainsi ma route !

Et le poète veut, et le poète sent
Aux lumières enfuies, en son soir incessant,
La magistrale rime éblouie et qu’égraine,
A sa plume, l’amour aussi bien que la haine !

Il n’oubliera jamais, en ses rêves, ses vers
Balbutiés d’automne et d’été et d’hiver
Dont les petits matins éveillent, en pénombre,
Un voile de lumière… Et la vie va son ombre !

page 10
 

Le stylo.



Juste au bout du stylo viennent des mots pour rien
Depuis tout l’impalpable où la vie s’effiloche
En ces années passées à rimer en vaurien
Des vers à n’éveiller le moindre son de cloche.

Je suis le « déjà vu », « la phrase un peu bancale »,
J’exhibe mes détours à des chemins de ronde,
A l’ombre du stylo, sur la feuille vocale,
Invisibles les mots ne sont plus qu’une fronde.

J’écrirai, c’est certain, bien d’autres apostrophes,
Des rimailles d’un lieu où la voix n’a d’écho
Excepté, quelques fois, au détour d’une strophe,
Un vieux bruit intérieur, l’incertain qu’ès aco.

J’écrirai… Je me dis : « tes yeux sont fatigués »,
 « Tu iras jusqu’au bout du mot le plus lointain »
A mourir en son lieu cela peut être gai
Puisque toute autre mort n’a qu’un but incertain.

Le stylo d’encre bleu aux bleus de mes blessures
Pose, en certains reflets, des musiques d’extase,
Ma main s’accroche à lui, puis en lui se rassure
sachant, aux sons des mots, combien mon cœur s’embrase.

page 11
 

Et tu pleures mes yeux.



Ton corps s’est parfumé
au souffle de mes mots
quand ma bouche à t’aimer
les pose, là, semés
à ton cœur … mon hameau ;

Et dans l’envie de Toi,
toute tristesse apprise,
et tout lieu pour un toit,
et tout chemin de croix
- ces choses-là promises -

je cherche ma demeure
au bord de ton histoire,
il n’est rien qui se meurt
sans la moindre rumeur
qu’ait joué ma guitare ;

Dans le juste impossible
où va l’imaginaire,
lorsque toute indicible
est l’ombre sur la cible
où le corps s’est offert

je parfume ton rêve
et tu pleures mes yeux
comme serait si brève
la parole qu’élève
nos deux cœurs jusqu’à Dieu.

page 12
 

Alors l’oiseau blessé.



Vivre dans le dédale incendié des : « Je sais,
Il ne faut pas toucher la vie du bout des doigts,
Elle brûle l’amour, érige des excès
Dont – meurtri – l’on ne croit, quelque part, que l’on doit ! »

Elle vogue les jours prématurés d’ornière
A chaque pas petit, sur tous les horizons,
Et c’est demain encor ressemblant à hier
Et c’est demain toujours et la même saison !

Improbable parcours où l’on n’a rien appris,
A peine une chanson pour arrêter le temps
En un cœur oublié, une main que l’on prit

A l’endroit dévasté du lieu dit : un instant.

Vivre et vivre et puis quoi ? Et puis je n’en sais rien,
Ni l’aigre, ni l’affable ou le pourquoi d’aimer ;
Et j’entends de partout mes rimes de vaurien
Mais je n’écoute plus les mots que j’ai semés !

Au rivage embrasé d’un vieux soleil couchant
Se noie l’envie de tout, et s’effeuille mon livre
Alors l’oiseau blessé dont j’avais su le chant
Se blottit dans ma main… Je vais l’aider à vivre !

page 13
 

Les textes présents sur ce site restent la propriété exclusive de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être copiés, même partiellement, ni faire l'objet de transaction à but mercantile, selon les lois de propriétés d'auteur en vigueur (articles L. 335.2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.)

© Copyright 2002 ~ 2006 Tous droits réservés par Alain Girard

 


 


 


vous pouvez m'écrire ici:


 

 
 

Poésie Mon Amour